Le ministre de la Culture Luc Fortin a commandé une évaluation d'experts pour déterminer si l'oeuvre sera classée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. 

Le ministre de la Culture souhaite que le Cyclorama reste au Québec

Même avant que son évaluation soit complétée par les fonctionnaires, le ministre de la Culture, Luc Fortin, qualifie le Cyclorama de Jérusalem de «joyau patrimonial». Et il affirme d'emblée qu'il fera tout en son pouvoir pour que l'immense oeuvre religieuse demeure dans la province.
Pour la première fois dans l'histoire de la toile circulaire installée à Saint-Anne-de-Beaupré depuis 1895, des fonctionnaires du gouvernement du Québec l'évalueront lundi après-midi pour déterminer si elle a une valeur patrimoniale nationale. C'est M. Fortin lui-même au retour de ses vacances la semaine dernière qui a demandé que ce travail soit effectué le plus rapidement possible.
La fresque, achevée en 1882 par l'artiste allemand Herr Bruno Piglhein, est à vendre au coût de 5 millions $. Ce montant inclut le bâtiment qui l'héberge.
En marge d'une conférence de presse en matinée à l'École du cirque de Québec, le ministre Fortin qui a admis ne jamais avoir mis les pieds au Cyclorama, a d'emblée affirmé qu'il se doutait que la province avait entre les mains «un joyau patrimonial» et que si cette impression était confirmée, le ministère allait classer le bien et le protéger en vertu de la Loi du patrimoine culturel.
Ne pas empêcher la vente
Il n'est cependant pas question de tenter de freiner la vente, mais s'assurer que les acheteurs le conservent au Québec. «Nous ce qu'on souhaite c'est que le bien puisse demeurer ici au Québec. Il pourrait y avoir un acquéreur étranger, mais en même temps ce qu'on souhaite c'est que ça puisse demeurer ici alors on verra également quelles sont les intentions d'un acquéreur potentiel, mais pour nous il s'agit vraisemblablement d'un joyau patrimonial», a répété M. Fortin.
Le ministre a également pris la peine de préciser qu'il n'est pas question pour le gouvernement de l'acheter. En 2009, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) avait déjà mandaté un de ses conservateurs pour réaliser une expertise sur la toile mesurant 110 mètres de long et 14 mètres de haut dans le but d'une éventuelle acquisition, mais n'y a pas donné suite. Le ministère tiendra compte de ce rapport dans son évaluation, a assuré Luc Fortin. Celle-ci devrait être complétée sous peu et ses résultats seront dévoilés au cours des semaines à venir.
Au cours des derniers jours, le Cyclorama de Jérusalemen a attiré l'attention de la prestigieuse maison d'encan Sotheby's qui a décidé d'accélérer le processus d'analyse pour déterminer si l'oeuvre fera ou non l'objet d'une enchère. L'agent d'immeuble responsable de la vente, Martin Dostie, avait approché Sotheby's il y a plusieurs mois déjà à ce sujet, mais l'attention médiatique la semaine dernière a intensifié le dossier.