Régis Labeaume
Régis Labeaume

Le ministère de la Culture freine la revitalisation du Vieux-Québec, plaide Labeaume

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Le maire de Québec reproche au ministère de la Culture de freiner ses efforts de revitalisation du Vieux-Québec, en refusant trop souvent des projets résidentiels, pourtant approuvés par la Ville.

Régis Labeaume a livré ce message aux élus lors de son passage mercredi devant la Commission de la culture et de l’éducation portant sur l’étude du projet de loi 69, Loi modifiant la Loi sur le patrimoine culturel et d’autres dispositions législatives.

«Nous déplorons qu’au cours des dernières années, plusieurs projets résidentiels dans le Vieux-Québec ont essuyé un refus du ministère, pour des motifs que nous ne partagions pas ou que nous ne comprenions pas», a fait savoir le maire à travers son mémoire. Ils n’ont jamais vu le jour en raison de délais de traitement trop longs ou de modifications demandées qui leur faisaient perdre toute rentabilité, illustre-t-il.

Depuis cinq ans, M. Labeaume soutient que neuf projets, totalisant 430 logements, ont subi un revers auprès du ministère après avoir obtenu l’aval de la Commission d’urbanisme de la Ville.

La situation compromet le plan d’action de la Ville déposé en 2016 qui vise à augmenter de 500 d’ici 2021 le nombre de résidents permanents. «Les gens ont commencé à quitter il y a deux décennies. On fait des efforts pour le repeupler. Si on perd le contrôle d’un centre-ville historique comme Québec, ça prend des années avant de le récupérer et ça coûte très cher», avance le maire.

Celui-ci considère que les critères d’acceptabilité du ministère portent trop à interprétation, bien qu’il admette que «ce n’est pas une science exacte». Il se demande comment les fonctionnaires provinciaux peuvent refuser ces projets alors qu’ils ont passé le tamis des consultations publiques et du processus d’analyse et de bonification de la commission d’urbanisme.

«On n’est pas d’accord et on a l’impression que c’est des décisions discrétionnaires. On [au ministère] ne comprend pas la portée du geste. Ces refus, c’est grave pour nous», poursuit-il.


« Les gens ont commencé à quitter il y a deux décennies. On fait des efforts pour le repeupler. Si on perd le contrôle d’un centre-ville historique comme Québec, ça prend des années avant de le récupérer et ça coûte très cher »
Le maire de Québec, Régis Labeaume

Plutôt que les 500 logements prévus initialement par la Ville, seulement 189 verront le jour, se désole le maire. «À lui seul, le projet sur le site de Saint-Louis-de-Gonzague, que nous jugions acceptable, aurait permis d’ajouter 205 logements pour des clientèles diversifiées», donne-t-il en exemple.

La Ville demande donc à la ministre Nathalie Roy de modifier le projet de loi 69 pour «permettre à la Ville de Québec d’intenter une demande de révision et un appel devant le tribunal administratif du Québec lorsqu’un projet qui a reçu son approbation se voit refusé par le ministère». 

«Cela nous fournirait l’occasion de présenter notre vision de l’aménagement du site patrimonial et notre analyse de la façon dont le projet s’y intègre. Cela éviterait au demandeur de se débattre seul entre nos autorités décisionnelles parfois contradictoires», conclut le maire.