Depuis sa mise en service à l’essai sur le circuit 11, l’autobus hybride aurait connu de nombreux bris, dont le châssis, qui aurait cédé.

Le Midibus autant au garage que sur la route

Arrivé en janvier, le premier des 64 midibus achetés par le Réseau de transport de la capitale passerait autant de temps au garage que sur la route. Une situation qui soulève des questions sur sa fiabilité, surtout que le mauvais souvenir de l’Écolobus n’est jamais loin.

Le Soleil a reçu des témoignages selon lesquels le petit autobus hybride de 24 places assises aurait connu de nombreux bris depuis sa mise en service à l’essai sur le circuit 11, qui relie la gare fluviale à la Pointe-de-Sainte-Foy.

Un courriel évoque même un «fiasco» mécanique. Parmi les bris rapportés, le châssis aurait cédé, selon nos informations. D’autres caractéristiques du véhicule, comme la vitesse de pointe plafonnée à 70 km/h et l’accès aux fauteuils roulants situé à l’arrière, soulèvent des questions sur le choix du modèle.

Mis au fait des sévères critiques, le conseiller Rémy Normand, président du RTC, se défend. Il rappelle que les essais routiers effectués au cours des derniers mois servent justement à déceler ce qui ne fonctionne pas.

«Ce qu’on a entre les mains, c’est une tête de série. Elle [le minibus] appartient encore au fabricant, qui doit toujours obtenir certaines certifications des autorités canadiennes. La période d’intégration actuelle sert justement à détecter plein de petites anomalies dès le départ.»

Chauffage, climatisation, ergonomie de l’habitacle pour le chauffeur, mécanique, tout y passe. Le minibus doit être fonctionnel quatre saisons. «S’il est toujours dans le garage, il y a des raisons pour ça. Ça peut paraître bizarre vu de l’extérieur. Je n’appelle pas ça des problèmes, mais des anomalies de départ. On commence à atteindre un degré de satisfaction», insiste M. Normand.

Une fois identifiées, certaines anomalies peuvent être corrigées directement à l’usine de l’entreprise belge Van Hool avant l’arrivée des midibus au Québec.

À savoir si ces ajustements retardent la livraison des 24 premiers minibus prévus d’ici la fin 2018, le conseiller rétorque qu’ils seront en territoire québécois sous peu. Les 40 autres arriveront comme prévu d’ici 2019 pour une mise en service optimale la même année.

«Il n’y a pas de retard. C’est plutôt qu’on a ralenti le rythme. Le gouvernement fédéral avait mis la clé dans le programme [d’aide financière], en mars 2019, avant de le prolonger», rappelle le président.

Certains commentaires critiquent la vitesse maximale limitée à 70 km/h et le fait que la rampe d’accès des personnes en fauteuil roulant est située à l’arrière, rendant plus difficile la vérification de leur titre de passage. «Premièrement, ces véhicules ne rouleront pas sur les autoroutes. Et un composteur d’appoint [pour les billets] sera installé à l’arrière. Ce n’est pas un souci», réplique M. Normand.

La mise à l’essai depuis janvier permet aussi la formation des ingénieurs et des mécaniciens. Le véhicule promet des économies d’essence d’au moins 25 % par rapport au tout diesel et demande beaucoup d’entretien.

Mauvais souvenir

«Ça ne sera pas un Écolobus, version 2018. On ne le verra pas pris dans une côte», rassure-t-il. Ceux-ci avaient défrayé la chronique.

Achetés 400 000 $ chacun en 2008, les huit minibus électriques ont connu de nombreux bris et ont nécessité de coûteuses réparations, notamment pour le remplacement des batteries. 

Quand ils ne prenaient pas en feu, ils tombaient en panne dans les rues pentues. Incapable de les vendre après leur retrait en 2015, le RTC en a envoyé cinq à la ferraille; les trois autres ont été donnés au centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer pour servir dans les cours de mécanique.

Le midibus est destiné aux parcours moins achalandés. La première commande remonte à mars 2016, après un appel d’offres public. Le fabricant belge Van Hool, seul soumissionnaire, a remporté la mise. Les maires de Québec et de Lévis avaient visité une usine de l’entreprise.

Il était alors question d’acheter 24 midibus pour 21 millions $, l’équivalent d’un prix unitaire de 875 000 $. L’option pour huit véhicules supplémentaires a vite été exercée, portant le total non loin des 30 millions $ prévus au règlement d’emprunt. Le RTC décidait de doubler sa commande en juin 2017.

Le prix n’inclut pas les modifications qui doivent être apportées sur chaque véhicule, comme l’installation des équipements pour l’utilisation de l’application et du site Nomade temps réel.

Le RTC assume 15 % de la facture des midibus. Le reste est séparé en parts égales entre les gouvernements fédéral et provincial, par le biais notamment du Fonds fédéral de la taxe sur l’essence.