Le marché de Noël allemand vogue vers un achalandage record

De petit événement discret, tenu le temps d’un après-midi, dans le sous-sol d’une église de Sillery, jusqu’à l’événement festif que l’on connaît, qui fait courir les foules, le marché de Noël allemand de Québec a connu une croissance inespérée en dix ans. L’achalandage n’a jamais été si important, à telle enseigne que l’événement vogue vers une année record.

«Ça se déroule merveilleusement bien, ça dépasse nos attentes. Les chiffres de ventes aux kiosques sont en augmentation de 20 % par rapport à l’an dernier», s’enthousiasme la directrice générale Olivia Leixhaller. D’ici la fin de la fermeture du marché, à 19h, le 23 décembre, le chiffre magique de 140 000 visiteurs pourrait même être atteint.

Certes, le marché s’étire maintenant sur une fin de semaine supplémentaire, mais la programmation bonifiée aurait eu son rôle à jouer dans cette affluence, croit Mme Leixhaller. Soirée des Krampus — inspirée de la créature mythique du folklore européen qui vient punir à Noël les gamins désobéissants —, trios de cor, spectacles de marionnettes, chorales, 5 à 7 festifs, l’organisation a mis la gomme cette année pour créer une sympathique ambiance des Fêtes autour de l’hôtel de ville.

Marchands enthousiastes

À l’ouverture du marché, en fin d’avant-midi, jeudi, malgré le froid glacial, les marchands arboraient leur plus beau sourire. Et pour cause: les ventes sont excellentes. «On est vraiment contents de l’expérience et on va revenir l’an prochain, c’est sûr», lancent les frères Frédéric et René Bougie, de la Miellerie King, de Kingsey Falls, invitant le journaliste à goûter à un vin de miel blanc et au «caramel à ma mère»…

«Les ventes sont en progression tous les ans, renchérit Marc Breton, croisé à son kiosque de confiseries alors qu’il s’occupait à faire découvrir aux passants ses amandes caramel saupoudrées de cannelle, une sucrerie typiquement allemande. Le vendeur d’origine française, qui a vécu quatre ans en Allemagne, explique que les touristes sont nombreux cette année. «Beaucoup de Coréens, d’Ontariens, d’Américains.»

«La publicité aidant, c’est beaucoup plus fort que l’an dernier», témoigne pour sa part Richard Joncas, derrière son immense bar érigé dans les jardins de l’hôtel de ville. Avec le froid, inutile de dire que ses vins chauds et autres liqueurs allemandes trouvaient preneurs rapidement.

Budget de 900 000 $

Le marché compte cette année 65 kiosques alimentaires, de vêtements et d’objets décoratifs. Les propriétaires ne se font pas prier pour revenir l’année suivante, explique Olivia Leixhaller, originaire de la région de Munich. «Quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux renouvellent leur contrat tellement ils apprécient l’expérience.»

Après le sous-sol de l’église silleroise, la cour de la cathédrale Holy Trinity, près de l’hôtel Clarendon, jusqu’en 2011, et maintenant les abords de l’hôtel de ville, le marché a crû à vitesse grand V. Son budget atteint les 900 000 $ avec, comme principaux bailleurs de fonds publics, la Ville de Québec, l’Office du tourisme et le Secrétariat de la Capitale nationale.

«Il y aurait toujours possibilité d’occuper plus d’espace, mais ça reste une question de financement», termine Mme Leixhaller.