Malgré un vote unanime des conseillers municipaux, le 26 février, Émile Loranger a refusé de se retirer de ses fonctions.

Le maire Loranger convoqué devant la Commission municipale du Québec

Le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, est convoqué par la Commission municipale du Québec (CMQ) pour 14 manquements aux règles prévues dans le Code d’éthique et de déontologie des élus municipaux.

Selon un avis de citation, paru jeudi, la CMQ détiendrait des «renseignements susceptibles de démontrer» plusieurs manquements, dont des conflits d’intérêts et des dépenses injustifiées, qui sont reliés au conseil municipal du 11 décembre.

La Commission lui reproche d’avoir enfreint plusieurs articles du Code d’éthique et de déontologie des élus municipaux, dont l’article 6.

Le jour de ce conseil, les élus devaient voter pour demander une enquête à la CMQ. Le vote étant à égalité, le maire Loranger a tranché pour rejeter la demande. Les élus voulaient faire la lumière sur le comportement du maire Loranger, même si la plainte pour harcèlement psychologique déposée par son ancienne chef de cabinet, Marie-Eve Lemay, a été réglée à l’amiable.

Or selon la Commission, Émile Loranger était en conflit d’intérêts. «Il a omis de divulguer son intérêt avant les délibérations sur les résolutions […] il a participé aux délibérations […], et il a voté», a écrit la CMQ.

La Commission accuse également M. Loranger d’avoir «influencé» ou «tenté d’influencer» pour ce vote, deux conseillers municipaux, Josée Ossio et André Laliberté, en les invitant respectivement les 23 et 26 novembre au restaurant Rascal pour un dîner. 

Lors de ces dîners, le maire de L’Ancienne-Lorette a utilisé la carte de crédit de la Ville pour un total de 121,78 $. «Des dépenses injustifiées», selon la CMQ, qui contreviennent à l’article 9 du Code. 

Manquements envers les citoyens

La CMQ va aussi juger le maire Loranger sur un comportement contraire à l’article 5 du Code.

«Il n’a pas exercé ses responsabilités avec compétence, diligence, et de manière appropriée. Il n’a pas adopté une conduite exemplaire et ne s’est pas comporté de manière à préserver et à améliorer l’image et le statut de la Ville. Il n’a pas développé des attitudes et des comportements favorisant des communications transparentes, franches et honnêtes. Il n’a pas fait preuve de discrétion dans un souci de justice et d’équité pour tous», a écrit la CMQ.

Si Émile Loranger est reconnu coupable par le juge saisi du dossier, il pourrait être sanctionné avec une suspension pouvant aller jusqu’à 90 jours. La date de l'audience devant la CMQ sera connue ultérieurement.

Lors de la séance du conseil municipal du 26 février, M. Loranger avait confié aux journalistes avoir été interrogé pendant deux heures par la CMQ. «Très belle rencontre», avait-il dit. Il avait également refusé de se retirer de ses fonctions, malgré un vote unanime des conseillers municipaux de L’Ancienne-Lorette.