Invité à donner sa version des faits, le maire Régis Labeaume a contourné la question. «Rien, rien à dire sur ça. On veut pas se mêler de ça». 

Le maire accusé de pressions sur le Parti conservateur du Canada

Un membre de l'exécutif national du Parti conservateur du Canada (PCC) affirme qu'il a été poussé à la démission en raison des pressions du maire de Québec qui n'appréciait pas son implication auprès du nouveau parti politique municipal Québec 21. Régis Labeaume a refusé de commenter mercredi.
C'est le FM93 qui a obtenu la lettre de démission de Serge Marcotte, administrateur du PCC et membre du comité du congrès, du comité des finances et du comité de la préparation aux élections. Datée du 15 juillet, elle fait référence à des appels téléphoniques qui ont eu lieu dans les jours précédents avec Scott Lamb, président du parti.
M. Marcotte affirme que M. Lamb lui a rapporté avoir reçu «une plainte de l'équipe du maire sortant R. Labeaume, suite à mon support à l'équipe de JF Gosselin dans la campagne électorale qui débute». «Vous m'avez demandé de cesser de m'impliquer avec JF Gosselin pour éviter de nuire aux députés du parti de la région de Québec», écrit celui qui est l'agent officiel et le représentant officiel de Québec 21. La même requête aurait été communiquée à d'autres bénévoles. 
M. Marcotte fait ensuite ressortir que Jean-François Gosselin est «un membre en règle de notre parti, un donateur et une personne que l'organisation politique du Québec a voulu recruter comme candidat lors de la dernière campagne électorale» et qu'au contraire, «M. Labeaume n'est pas reconnu comme un fédéraliste et il nous le fait savoir en temps opportun». 
«En me demandant de ne plus appuyer le candidat JF Gosselin, vous voulez m'enlever ma liberté d'action tout à fait légitime et conforme à la constitution du parti. Cette façon d'agir est unique à Québec, anti-démocratique et constitue un dangereux précédent», lance le conservateur, identifié à la circonscription de Louis-Saint-Laurent, représentée par Gérard Deltell. D'où sa démission. 
Le Soleil n'a pu joindre M. Marcotte ou un membre du Parti conservateur pour des commentaires, mercredi. 
«On n'a rien à dire»
Invité à donner sa version des faits, le maire Régis Labeaume a contourné la question. «On n'a rien à dire sur Québec 21 depuis le début pis on va continuer», a-t-il répondu au FM93. Mais y a-t-il eu des contacts avec le Parti conservateur? «On n'a rien à dire sur Québec 21. C'est pas nos affaires, on a un parti à mener, on fait nos affaires.» Relancé par Le Soleil, qui mettait aussi l'accent sur le Parti conservateur, il n'a pas dérogé de sa ligne de presse. «Rien, rien à dire sur ça. On veut pas se mêler de ça», a-t-il répété. 
Son adversaire et aspirant à la mairie, Jean-François Gosselin, était plus loquace. Il a résumé les faits portés à son attention en disant que «Régis Labeaume a appelé Alain Rayes [lieutenant des conservateurs fédéraux au Québec] pour pleurnicher». Selon lui, le fait de relayer le message a nui aux conservateurs. «C'est une grosse perte pour eux. Moi je suis bien content qu'il [M. Marcotte] ait choisi de nous aider», témoigne M. Gosselin, qui en parle comme du «bénévole rêvé» qui travaille sans compter et ne demande rien en retour.