La firme Méribec, qui sera sous peu propriétaire du projet Caserne 5, s'engage entre autres à conserver la façade de la caserne limouloise construite en 1910.

Le futur proprio de l'ancienne caserne de Limoilou voit le défi d'un bon oeil

Le futur propriétaire de l'ancienne caserne de Limoilou est conscient qu'il touche une corde sensible du quartier en achetant l'immeuble centenaire. Mais la firme Méribec, qui a plusieurs projets de recyclage d'immeubles à son actif, est confiante de susciter l'adhésion tant dans le voisinage que chez les futurs locataires qui, eux, restent à trouver.
«C'est une bâtisse très identifiée au quartier», reconnaît le directeur général de Méribec, Sylvain St-Jean, en entrevue au Soleil. «On ne peut pas faire n'importe quoi.»
Lundi, le conseil municipal de Québec a voté pour une offre d'achat de 475 000 $ pour l'ancienne caserne de pompiers du 325, 5e Rue. Inoccupé depuis 2004, l'édifice qui a déjà abrité une salle de spectacle était propriété de la Ville de Québec qui a tout fait pour lui trouver une vocation ces dernières années. 
Le dernier projet, une Caserne des tout-petits avec CPE, jeux intérieurs et services pour les familles, n'a pas abouti. En mars, l'organisme 1,2,3 Go! Limoilou a jeté l'éponge devant l'impossibilité de réunir les 2,5 millions $ de financement autonome.
Petites entreprises
Aujourd'hui, Sylvain St-Jean et son groupe comptent rénover le bâtiment et créer Caserne 5, un regroupement d'espaces de bureaux pour les petites entreprises. 
Méribec a déjà à son actif les «bureaux créatifs» Le Cube dans Saint-Roch et à Lévis. 
Contrairement à d'autres incubateurs souvent axés vers un domaine comme la techno, Caserne 5 réunira des travailleurs de divers champs d'activité. «C'est une préoccupation des entrepreneurs, ils ne veulent pas toujours être avec des gens qui font la même chose», explique M. St-Jean, qui proposera de la souplesse dans la durée des loyers et un accompagnement aux «petites entreprises qui démarrent».
À ce titre, le promoteur nuance le terme «privatisation» de l'immeuble public dénoncé notamment par la chef de l'opposition Anne Guérette au conseil de lundi. 
Oui, l'entreprise veut être rentable, mais elle n'arrive pas avec ses sabots de méchant, assure M. St-Jean, qui estime ne pas avoir eu le bâtiment à rabais. 
La firme payera 475 000 $ alors que la caserne est évaluée à 708 500 $. «C'était difficile à vendre. Il y a beaucoup de travaux à faire.»
Il cite notamment la décontamination de l'amiante dans le bâtiment et diverses exigences comme conserver la façade patrimoniale. 
À ce titre, le promoteur souligne que son entreprise «a fait ses preuves» dans le recyclage de bâtiments.
Recyclage et patrimoine
On doit en effet à Méribec les Halles du Petit Quartier, avenue Cartier, construites en lieu et place d'un garage en 1984. Plus récemment, la firme a converti la discothèque Le Palladium en bureaux pour des entreprises comme Mirégo, AddÉnergie et Chocolatto. Le promoteur a aussi de l'expérience dans les bâtiments patrimoniaux, ayant rénové des maisons historiques comme la maison Henry-Stuart au coin Cartier et Grande Allée, la maison Krieghoff et le Ladies Protestant Home. «Je pense qu'on a fait nos preuves, soutient Sylvain St-Jean. Si on n'a pas de bâtons dans les roues, on devrait avoir de quoi de fait d'ici la fin 2017.»
Restera aussi à trouver les locataires, car pour l'instant, Méribec se lance dans l'aventure sans client en poche. «On prend le risque de ne pas le louer», lance Sylvain St-Jean, en gardant bon espoir que la Caserne 5 attirera avec son «ambiance intérieure historique» et «sa situation géographique et communautaire exceptionnelle».
Ce que promet Méribec
• Aménager des espaces à bureaux pour l'accompagnement de petites entreprises
• Conserver la façade du bâtiment
• N'effectuer aucune démolition, ni agrandissement
• Ajouter une terrasse sur le toit avec possibilité de jardinage