Jean Garon en 2004

Le frère de Jean Garon «déçu» par le nouveau comité de toponymie

En réponse à la demande de la famille de Jean Garon de renommer une partie de la route du Président-Kennedy en son honneur, la Ville de Lévis crée un comité consultatif permanent de toponymie. Emmanuel Garon, le frère de l’ex-maire, craint toutefois du «sable dans l’engrenage» pour le suivi de sa requête.

«On est mitigés. Ce n’est pas tout à fait ce qu’on avait compris le soir du 13 janvier, au conseil municipal. On pensait que c’était pour se régler, mais avec ce comité-là on embarque dans une grosse patente», s’inquiète Emmanuel Garon, le frère de l’ancien politicien.

L’idée de la création d’un comité consultatif de toponymie avait en effet été soulevée par le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, après qu’Emmanuel Garon se soit présenté devant les élus à la mi-janvier pour réclamer que la portion de la route du Président-Kennedy située à Lévis porte le nom de son frère, décédé en 2014.

«Le comité de toponymie offrira des recommandations d’odonymes pour les voies de circulation de la Ville et de toponymes pour les parcs et espaces verts publics, les immeubles de la Ville et autres entités municipales», explique-t-on dans la fiche de prise de décision dévoilée lors de la séance du conseil municipal, le 10 février.

En plus de deux personnes issues du conseil de la Ville, un appel de candidatures sera même lancé pour sélectionner trois personnes non membres du conseil de la Ville résidant sur le territoire.

«Le comité va permettre de dépolitiser toutes les décisions en toponymie en fournissant des recommandations indépendantes», précise Geneviève Côté, attachée de presse du maire Lehouillier.

«Urgence»

Après avoir reçu la demande de la famille de Jean Garon, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, lui a initialement proposé de renommer l’ancien hôtel de Ville de Lévis en l’honneur du défunt ministre et maire de Lévis. Cette demande n’a pas satisfait Emmanuel Garon, qui jugeait que son frère n’avait pas eu «d’apport significatif» face au bâtiment.  

«Le maire lui-même nous a dit qu’il y avait ‘’urgence’’», se rappelle M. Garon, qui soutient que le dossier est en branle depuis 2015.

Puis, selon lui, l’annonce d’un possible comité consultatif «a démontré un intérêt du maire à régler la situation», ajoute-t-il. «On était contents parce qu’on le sentait enthousiaste, mais aujourd’hui [mardi], on ne perçoit pas le même enthousiasme», indique-t-il, se disant «déçu» de la mouture du nouveau comité consultatif.

«C’est une formule équitable qui se compare à ce qui se fait dans les grandes villes, répond Geneviève Côté. Le tout premier dossier traité par le comité de toponymie sera celui de la famille de Jean Garon», assure-t-elle.

«On ne va pas bouder, mais ce n’est pas ce qu’on imaginait. On souhaitait simplement rencontrer M. Lehouillier dans un contexte informel. Ça peut très bien marcher ce comité, mais il peut aussi y avoir du sable dans l’engrenage», a conclu Emmanuel Garon.

Le maire de Lévis a quant à lui affirmé que le Comité de toponymie de la Ville de Lévis pourrait être effectif «à partir du mois de mars».