«On ne veut pas que dénoncer, on veut aussi créer des espaces où des solidarités peuvent être créées entre des personnes qui ont comme valeurs l’antiracisme», explique le porte-parole du festival, Nicolas Villamarin, cinéaste indépendant et étudiant à l’Université Laval.

Le Festival contre le racisme toujours pertinent

Un peu plus d’un an après le drame de la Grande Mosquée de Québec, les organisateurs du deuxième Festival contre le racisme de Québec, qui a été lancé jeudi soir et se poursuit jusqu’à dimanche, estiment que l’activité est toujours pertinente.

«Nous avions lancé le festival avant la tuerie de la mosquée, en réponse à l’éclosion de groupes d’extrême droite à Québec comme La Meute, les Soldats d’Odin et Atalante. Et avec la montée des gestes haineux et racistes, la volte-face du gouvernement dans le projet de consultation sur le racisme systémique, il est devenu évident pour l’organisation que nous devions insister sur la nature systémique du racisme. Et on ne veut pas que dénoncer, on veut aussi créer des espaces où des solidarités peuvent être créées entre des personnes qui ont comme valeurs l’antiracisme», explique le porte-parole du festival, Nicolas Villamarin, cinéaste indépendant et étudiant à l’Université Laval.

M. Villamarin mentionne entre autres l’accès au logement, l’accès au travail et le profilage racial par les autorités comme étant les principaux problèmes auxquels font face les personnes qui subissent le racisme. «Il y a aussi la question des migrants temporaires, notamment à l’île d’Orléans, qui sont dépendants de leur employeur, qui souvent ne peuvent pas sortir de leur lieu de travail ou sont fortement surveillés quand ils le font et se butent à l’antisyndicalisme et à la menace de déportation», poursuit-il. 

Le festival a été lancé jeudi par une soirée hip-hop au Centre récréatif Saint-Roch et se poursuit vendredi avec une soirée hardcore au bistro Scanner, puis samedi avec des ateliers sur l’immigration et les droits ainsi qu’une table ronde sur les enjeux touchant les femmes autochtones en après-midi et une soirée folk et Afro-Latine au Centre récréatif Saint-Roch. Une manifestation familiale contre le racisme clôturera le festival à 13h dimanche à Place d’Youville avec participation du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire et du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.