Une réglementation municipale devrait apparaître en 2019 à Québec afin de contrôler l’installation et la gestion des cloches de récupération de textiles.

Le «Far West» à Québec dans la récupération de vêtements

La Ville de Québec veut faire le ménage dans les bacs de récupération de vêtements qui sont installés un peu partout sur le territoire afin que seuls les organismes de bienfaisance régionaux profitent des surplus des citoyens.

«Présentement, c’est le Far West, les cloches de récupération de textiles. Il y a des gens qui se lèvent, des commerces, et pendant la nuit, il y a une cloche installée dans leur stationnement. Les profits vont dans des endroits plus ou moins connus, obscurs, et ne sont pas réinjectés nécessairement dans le milieu de Québec. On veut s’assurer que ces cloches soient contrôlées et que ça serve nos gens les plus défavorisés», a expliqué Mathieu Fournier, conseiller en environnement à la Ville de Québec, lors du dévoilement de la Vision 2018-2028 pour une saine gestion des matières résiduelles.

Le plan d’action prévoit l’ajout de bacs de récupération dans tous les écocentres. Une réglementation municipale devrait suivre en 2019 afin de contrôler l’installation et la gestion des cloches de récupération de textiles. Dans certaines villes du Québec, comme Sherbrooke par exemple, des permis sont requis et il faut demander la permission au propriétaire du terrain où sont recueillis les dons de vêtements. 

«La Ville de Québec reconnaît toute une série d’organismes qui montrent patte blanche pour leurs finances et leurs actions dans la communauté. Probablement que ça va être dans cette optique» de favoriser les bons joueurs locaux au détriment des inconnus de l’extérieur, a précisé M. Fournier, sous l’œil approbateur du maire Régis Labeaume. 

Yvan Drouin, gérant de l’Armée du Salut à Québec, confirme que plusieurs bacs d’au moins trois organismes extérieurs sont apparus dans les rues de la capitale au cours des dernières années. Son organisation a testé les numéros de téléphone inscrits dessus et s’est butée à des répondeurs. «On ne sait pas où ça s’en va», dit-il. 

M. Drouin affirme que les dons de vêtements sont en baisse dans les organismes de la région. Ils ont d’ailleurs demandé à la Ville de Québec d’intervenir. En attendant, les citoyens sont invités à faire preuve de vigilance au moment de déposer leurs vieux vêtements dans les cloches. «On aide avec ce qu’on a, mais si on s’en fait enlever, on aide moins», résume le gérant de l’Armée du Salut.