La biodiversité du Domaine de Maizerets est menacée par la renouée du Japon (photo), une plante exotique envahissante.
La biodiversité du Domaine de Maizerets est menacée par la renouée du Japon (photo), une plante exotique envahissante.

Le Domaine de Maizerets menacé par des plantes exotiques envahissantes [VIDÉO]

Les bosquets de renouée du Japon semblent bien heureux sur les berges de la rivière au cœur du Domaine de Maizerets dans Limoilou, trop heureux selon le centre régional de l’environnement et du développement durable – région de la Capitale- Nationale (CRE). Afin de contrôler la plante exotique envahissante, le CRE invite les citoyens à participer à sa campagne « J’en arrache » qui permettra à la Ville de préserver la biodiversité du domaine.

Sur les 27 hectares verdoyants du Domaine de Maizerets, la renouée du Japon occupe 30 000 mètres carrés du territoire. Selon le CRE – région de la Capitale-Nationale, la biodiversité de l’ilot naturel, situé en plein centre-ville de Québec, est donc très menacée par la plante exotique.

Afin de préserver le parc visité par bon nombre de citoyens et habité par plus de 240 espèces d’oiseaux, le CRE, en partenariat avec la Ville de Québec, y installe son projet «J’en arrache». Pour arriver à contrôler la plante exotique envahissante, l’organisme demande l’aide des citoyens. «Avec seulement quelques bénévoles, la plante réussirait à avancer plus vite que ce qu’on pourrait arracher», explique David Viens, coordonnateur de projet pour le CRE – région Capitale-Nationale.

En plus d’interpeler les citoyens, le CRE lance un défi entreprise afin de toucher le plus de personnes possible. Selon M. Viens, venir arracher manuellement des plants de renouée du Japon est un bon moyen de renouer avec les collègues de travail confinés depuis la mi-mars. «Parce que c’est le fun suer ensemble», lance-t-il en riant.

Les citoyens intéressés à venir prêter main-forte aux bénévoles du CRE peuvent tout simplement se présenter au Domaine de Maizerets, tout au courant de l’été, les mardis et jeudis. Des affiches ainsi que des bénévoles arborant un t-shirt orange seront présents sur les lieux pour guider les apprentis paysagers. Un «protocole COVID-19» est mis en place pour désinfecter les outils disponibles sur le terrain. Les citoyens n’ont tout simplement qu’à se vêtir de vêtements confortables et longs ainsi que porter une paire de gants.

L’équipe de M. Viens estime à une dizaine d’années le travail à effectuer au Domaine de Maizerets avant d’arriver à contrôler la plante exotique. L’éradiquer serait presque impossible selon le CRE qui estime qu’un suivi serré du territoire sera nécessaire afin de bien contrôler l’espèce végétale.

Il existe différents moyens pour se débarrasser des plantes envahissantes selon l’espèce concernée : faucher en retirant bien les racines du sol, mettre une bâche sur les plantes afin de les étouffer et de les empêcher de se développer, faire un traitement à base d’eau chaude, etc. Une technique très efficace, mais peu naturelle est l’application de glyphosate sur les plants invasifs. Pour des raisons environnementales, le CRE a décidé de préconiser le fauchage manuel des plants de renouée du Japon.

La renouée du Japon, qui est originaire d'Asie, aurait été introduite sur le territoire par des paysagistes qui l’utilisaient pour garnir leurs aménagements. M. Viens admet d’ailleurs que la plante exotique produit de très belles fleurs. «Elle est nuisible parce que, comme elle ne vient pas d’ici, aucun insecte ou autre végétal ne peut la contrôler. Elle s’étend donc très rapidement sur le territoire et nuit à la biodiversité», souligne M. Viens.

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Le coordonnateur de projet pour le CRE – région Capitale-Nationale, David Viens, a invité jeudi les citoyens à arracher le plus de renouée du Japon possible.

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Un problème qui dure sur le territoire

Les végétaux exotiques invasifs ne sont pas un phénomène nouveau dans la ville de Québec. En effet, la Ville répertorie plusieurs espèces sur son territoire comme la berce du Caucase, l’herbe à puce, l’herbe à poux ou le panais sauvage. Sur les berges de la rivière Saint-Charles, la Ville de Québec travaille notamment à éradiquer le phragmite exotique.

Depuis 2012, la Ville met en place un programme de lutte contre les plantes exotiques envahissantes qui a pour but de les contrôler et de les éradiquer. Pour Mme Suzanne Verreault, membre du comité exécutif et responsable de l’environnement et du développement durable à la Ville de Québec, les projets comme « J’en arrache » sont importants pour soutenir la biodiversité des milieux naturels. «Je suis fière des projets comme ceux-ci parce que, la biodiversité, c’est important et il faut s’y attarder beaucoup si on veut maintenir nos milieux le plus naturels possible», souligne-t-elle.