Le site qui accueillerait le projet hôtelier, à Lévis.

Le «développement à tout prix» du parc des Chutes-de-la-Chaudière dénoncé [VIDÉO]

Le projet d’hôtellerie et d’un «Village Valcartier» au parc des Chutes-de-la-Chaudière ne fait pas l’unanimité chez les résidents de la Rive-Sud.

Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) s’oppose «catégoriquement» au développement commercial du secteur des Chutes-de-la-Chaudière, projet annoncé par le maire Gilles Lehouiller la semaine dernière.

L’organisme citoyen déplore d’entrée de jeu que ses membres aient connu les détails du projet dans les médias, après que le maire ait accordé des entrevues. «Les journalistes étaient tous au courant. Ils ont eu tout ça bien expliqué alors que le citoyen ordinaire n’a pas eu d’explications», dénonce Gaston Cadrin, vice-président du GIRAM.

Le maire parlait alors d’un hôtel souterrain (à l’intersection des autoroutes Jean-Lesage et Robert-Cliche) et de bassins aquatiques. Il envisageait utiliser seulement 4 % du territoire pour des fins touristiques. 

L’un des premiers objectifs fixés par la Ville de Lévis est d’améliorer la protection de l’environnement naturel, le GIRAM ne voit pas comment cette affirmation peut s’avérer faisable.

«J’ai de la misère à croire ça! Améliorer l’environnement naturel en arrivant avec des installations artificielles… expliquez-moi», ajoute M. Cadrin.

Le vice-président du GIRAM Gaston Cadrin (à gauche) en conférence de presse, mardi matin

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Appel aux ministres

Essentiellement, le GIRAM s’adresse à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, afin de reconnaître le parc des Chutes-de-la-Chaudière comme un site patrimonial. Ils espèrent aussi que la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, refuse le changement de zonage demandé par la Ville afin d’aller de l’avant avec le développement du parc.

«Quand on ajoute à ces sites-là une vocation commerciale, on vient perdre cet élément de richesse. […] Avec des projets comme celui-là, on recherche des gains fiscaux aux dépens de l’environnement», estime Pierre-Paul Sénéchal, président du GIRAM. 

L’organisme rappelle que le site attire 800 000 visiteurs par an et que cette capacité d’accueil a atteint «son point de saturation». Une augmentation d’achalandage pourrait causer des «dommages irréversibles» au parc, selon les membres. Ils dénoncent aussi les problèmes de circulation automobile et de stationnement en plus de l’aspect de «privatisation» d’une partie du secteur avec l’arrivée d’un l’hôtel et de ses services.  

Les Amis du parc des Chutes-de-la-Chaudière ont joint leurs voix au GIRAM mardi pour faire valoir leur désaccord envers un tel projet de développement. 

Pas comme Valcartier

En guise de réponse mardi, la Ville de Lévis dit vouloir «assurer la protection et l’environnement naturel du parc des Chutes-de-la-Chaudière en augmentant substantiellement sa superficie». 

Dans les détails d’un éventuel projet plus précis, la Ville entend protéger les bordures de la rivière Chaudière à partir des chutes, jusqu’à son affluent le long du fleuve Saint-Laurent. Elle souhaite aussi assurer la préservation des rives de la rivière Chaudière, au sud de l’autoroute 20 et au nord de l’autoroute jusqu’au fleuve.

La Ville de Lévis précise également que 96,6 % du parc (superficie de 1 910 000 mètres carrés) sera voué à la conservation et à la protection des milieux naturels.

«Une très faible superficie de 65 000 mètres carrés sera vouée à une vocation récréotouristique, ce qui représente 3,4 % de la superficie totale du parc. La création de cette zone récréotouristique poursuivra le même objectif que celle du parc du secteur de la Traverse, soit d’en faire un véritable lieu identitaire avec des équipements modernes d’accueil», précise-t-on dans le communiqué. 

La Ville ajoute que l’intention n’est pas de transformer le parc en Village Vacances Valcartier, seulement de lui en donner des allures avec les jeux d’eau envisagés. Le maire Lehouiller avait évoqué la possibilité de développer des attraits de «mêmes types que le Village Valcartier», il revient aujourd’hui sur cette comparaison qui a donné une image trop claire. Le projet complet n’est pas encore décidé ni arrêté.