Pour la communauté de Vanier, le déménagement du Salon de jeux de Fleur de Lys vers Beauport demeure un mystère. Depuis, des voix se sont élevées et La Ruche Vanier, l’un des organismes communautaires du quartier, a choisi de leur donner une tribune pour se prononcer sur l’enjeu.  
Pour la communauté de Vanier, le déménagement du Salon de jeux de Fleur de Lys vers Beauport demeure un mystère. Depuis, des voix se sont élevées et La Ruche Vanier, l’un des organismes communautaires du quartier, a choisi de leur donner une tribune pour se prononcer sur l’enjeu.  

Le déménagement du Salon de jeux dénoncé dans une pétition

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
«Blessante», «insultante» et «insensible». Voilà ce que pensent des citoyens de Vanier de l’annonce du déménagement du Salon de jeux. Depuis dix jours, ces commentaires parviennent aux oreilles de François Labbé, directeur de La Ruche Vanier. Pour donner une voix à ces gens «qui n’ont pas été consultés», une pétition sera lancée par l’organisme communautaire, lundi.

Pour la communauté de Vanier, le déménagement du Salon de jeux de Fleur de Lys vers Beauport demeure un mystère. Depuis, des voix se sont élevées et La Ruche Vanier, l’un des organismes communautaires du quartier, a choisi de leur donner une tribune pour se prononcer sur l’enjeu.  

«Les résidents nous disaient que si on ne faisait rien, ils iraient de l’avant avec des initiatives citoyennes pour manifester leur incompréhension», explique François Labbé, directeur de La Ruche Vanier.  

Les frères Trudel, propriétaires du centre commercial Fleur de Lys, ont eux aussi été témoins d’une «mobilisation citoyenne» pour décrier la décision du gouvernement du Québec. 

Mais au-delà de l’incompréhension au sein de la population, M. Labbé observe surtout une déception.  

«Les gens de Vanier en ont assez d’être stigmatisés. C’est comme si on les considérait comme des demi-adultes, incapables de prendre des décisions et c’est pour ça que le gouvernement a décidé de la prendre à leur place», note-t-il. 

Le déménagement du Salon de jeux faisait partie des promesses de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux dernières élections provinciales, pour l’éloigner du voisinage défavorisé de Vanier et de Limoilou.   

L’engagement du gouvernement Legault a été honoré le 21 août, lors de l’annonce officielle du départ des installations de Loto-Québec vers le Méga Centre Beauport.    

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«Préjugés» 

Travaillant lui-même auprès d’une clientèle victime d’exclusion et de pauvreté, François Labbé dénonce les préjugés entretenus à l’égard de celle-ci.  

«On entretient l’image sociale selon laquelle la pauvreté va de pair avec la faiblesse morale, ce qui est faux, poursuit-il. Comme si le discours disait que les résidents de Vanier ne peuvent pas faire de choix éclairés en matière de consommation parce qu’ils sont plus défavorisés qu’ailleurs.» 

François Labbé n’accepte d’ailleurs pas que la CAQ laisse entendre qu’il y a un problème de jeu au sein de la population du quartier que dessert La Ruche Vanier. Environ 2000 personnes par an font appel aux services de l’organisme. Sur une population de 13 000 habitants dans le secteur «c’est beaucoup de monde», dit-il.   

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«Oui, il y a des problèmes de logement, d’insécurité alimentaire, de transport et d’accès au travail à Vanier. Mais il n’y a pas de problème de jeu et s’il y en avait un, on l’aurait constaté», martèle le directeur de l’organisme qui travaille sur le terrain avec plus d’une quarantaine d’organisations.  

Revitalisation 

À La Ruche Vanier, tout comme du côté de Fleur de Lys, on se dit «déçu» de la décision de déménager le Salon de jeux au coût de 10 M$.   

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Le Salon de jeux accueille actuellement plus de 600 000 visiteurs par année. L’attrait du Salon de jeux à Fleur de Lys et les retombées économiques qui en découlent auraient donc pu contribuer à la revitalisation du quartier, soutient François Labbé.  

«Évidemment on ne conteste pas que Vanier est un quartier défavorisé. Justement, on a besoin de leviers pour le revitaliser.»  

Et le fait de l’envoyer ailleurs est un «coup dur pour tout le monde», les commerçants aussi, selon les dires de M. Labbé.  

«Certains pensent que c’est le coup de grâce», craint-il.