L’administration Labeaume misait sur la passerelle pour faciliter la circulation sur la rue Dalhousie.

Le coût de l’acier a raison de la passerelle cyclable dans le Vieux-Port [VIDÉO]

La Ville de Québec montre du doigt la hausse du prix de l’acier pour expliquer le report de construction du projet de passerelle cyclable à la Pointe-à-Carcy prévu à l’été 2019. L’opposition à l’hôtel de ville blâme plutôt l’administration Labeaume d’avoir mal évalué le coût pour expliquer l’augmentation de la facture de 6,5 à 10 millions $.

«Ça ne serait pas responsable d’aller de l’avant avec un coût si élevé, a soutenu la responsable de l’aménagement du territoire à la Ville de Québec, la conseillère Marie-Josée Savard. On va regarder comment ça va sur le marché de l’acier et voir si on ne pourrait pas utiliser d’autres matériaux», a-t-elle ajouté.

L’administration municipale a pris cette décision à la suite de l’ouverture des soumissions reçues dans le cadre des appels d’offres. Le plus bas soumissionnaire estimait le coût de construction de la passerelle à 10 millions $, le plus élevé était à 12 millions $.

La passerelle surélevée de 325 mètres, et d’une hauteur moyenne de 4,3 mètres, doit être installée sur le corridor du littoral entre le pont-levis du Bassin Louise et la Place des Canotiers. L’objectif est d’éliminer la présence des cyclistes au sol. Le Port de Québec considère leur présence nuisible aux activités de croisières. Son pdg, Mario Girard, soulève la difficile cohabitation entre les cyclistes, les piétons et surtout, l’équipement roulant du port qui doit traverser la piste pour se rendre sur les quais.

Le coût initial de la passerelle cyclable devait être partagé entre la Ville de Québec, 3,8 millions $, le Port de Québec, 1,1 million $ et un troisième contributeur non révélé, 1,1 million $.

Selon la Ville, 75 % de la hausse repose sur l’augmentation des tarifs douaniers imposés par les États-Unis, en attendant la ratification du nouvel accord commercial nord-américain. Les 25 % restants sont attribuables à des aspects du projet qui n’ont pas tous été pris en compte au départ.

Mauvaise planification

«Ce que je retiens, c’est le 25 % de plus, a commenté le conseiller de Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau. Le devis a été révisé. Il y a des problèmes et le concept doit être revu. C’est ce qu’on a vu aujourd’hui.»

«C’est vraiment de la mauvaise planification, a lancé le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin. Souvenez-vous quand on questionnait les coûts l’an passé et qu’on arrivait avec des chiffres de 10 à 12 millions $», rappelle-t-il.

En 2018, la structure inspirée du Cycle Snake à Copenhague au Danemark avait soulevé des doutes chez le conseiller indépendant, Jonatan Julien, qui venait tout juste de quitter Équipe Labeaume.

Il s’était étonné du caractère spontané et inattendu de cette annonce. Il avait estimé la structure à 10 millions $ étant donné que la passerelle de 235 mètres à Copenhague avait coûté 7,5 millions $ en 2014.

Retour sur Dalhousie

«Avec 103 jours d’opérations croisières prévus de mai à octobre, c’est impossible de faire du montage et démontage des équipements de la piste cyclable sur la Pointe-à-Carcy», explique le pdg du port.

Ainsi, les cyclistes seront de retour sur Dalhousie où une voie de circulation sera retranchée pour les automobilistes qui circulent en direction est sur le quai Saint-André et bifurque sur Dalhousie. 

En 2017, la bande cyclable aménagée sur Dalhousie avait soulevé bien des critiques en raison des situations dangereuses rapportées entre les cyclistes, les piétons, les automobilistes et les véhicules lourds, en plus d’augmenter la congestion dans le secteur.

À ce chapitre, Mme Savard précise que l’affichage réglementaire sera amélioré pour bien aviser tous les utilisateurs.

De son côté, le directeur du service du transport et de la mobilité intelligente, Marc des Rivières, mise, comme l’an passé, sur l’utilisation du gestionnaire artérielle pour améliorer la fluidité de la circulation dans le secteur.

«La période critique est l’heure de pointe du matin. Pendant les deux mois au cours desquels la piste était en fonction l’an passé, nos interventions en temps réel — par exemple, le prolongement d’un feu vert— ont fait que le temps de déplacement des véhicules sur le 1,1 km du tronçon touché était de 3 min 18 s plutôt que 2 min 11 s. On va faire la même chose cet été pour limiter les impacts», a-t-il conclu.