Le clocher et les tours de l'Église St-Vincent-de-Paul cèdent

Chargés de démolir la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul, les employés de la firme CFG Construction auront réussi à venir à bout des deux tours, de la partie supérieure et du clocher du bâtiment durant la journée d'hier. Ils termineront le travail aujourd'hui, récupérant quelques éléments de la structure qui seront conservés afin d'en faire une oeuvre d'art.
La boule de démolition manoeuvrée par une immense grue a frappé une première fois la tour de droite de l'édifice vers 7h25 hier, faisant tomber quelques briques. Une demi-heure plus tard, le haut de la tour cédait, et on en écrasait le toit. Il aura fallu un peu plus d'une heure pour venir à bout de la majeure partie de la tour, qui avait été fragilisée par le fait que de l'eau s'était infiltrée à travers les pierres au fil des années.
Les démolisseurs se sont ensuite attaqués au clocher, mais ont rencontré davantage de résistance, puisque cette partie de la structure était faite de béton armé. «C'était beaucoup plus difficile. Il a fallu casser la poutre de métal et il fallait aussi éviter que le clocher, qui est tombé d'un seul bloc, ne s'écroule vers l'avant et qu'il abîme les éléments qu'il fallait conserver», explique Frankie Glode, un employé de CFG Construction.
Le clocher est finalement tombé en milieu d'après-midi, basculant vers l'arrière du bâtiment comme le souhaitaient les démolisseurs, qui se sont ensuite consacrés à la partie médiane supérieure de la structure. Quant à la tour de gauche, c'est en fin d'après-midi que les travailleurs ont entrepris de la détruire, un boulot un peu plus simple après la démolition du clocher.
Une fois complété le travail de la grue et de la boule de démolition, ce sont les pelles mécaniques à longue portée munies de brise-roches hydrauliques qui ont poursuivi le travail sur le reste de la tour de droite. «Nous poursuivrons le travail avec les pelles mécaniques demain [aujourd'hui]. Puisque c'est plus rapide que la grue, nous devrions avoir assez de la journée pour tout compléter et récupérer les éléments à conserver», poursuit M. Glode.
Des curieux
Tout le long de la journée, des curieux se massaient autour du périmètre de sécurité de la côte d'Abraham, qui est fermée pour la fin de semaine, afin de jeter un coup d'oeil aux travaux. À travers la foule, on pouvait reconnaître l'homme d'affaires Jacques Robitaille, propriétaire du terrain sur lequel il souhaite construire un hôtel, et l'artiste Florent Cousineau, qui réalisera une oeuvre d'art public à partir d'éléments de la façade.
«Nous garderons les corniches des portes situées au bas des tours, les trois arches ainsi que les inscriptions "Saint-Vincent-de-Paul". Ça devrait être suffisant pour le devoir de mémoire», a commenté l'artiste.
Quant à Jacques Robitaille, même s'il affirmait qu'il aurait été prêt à attendre encore 14 ans pour la démolition, il semblait très satisfait de voir la structure s'écrouler enfin. «Nous avons fait faire toutes sortes d'études, et ce bâtiment n'a aucune valeur. Même l'un des architectes qui avait travaillé au projet l'avoue!» a commenté l'homme d'affaires, qui dit avoir dépensé un demi-million de dollars en études et analyses.
«Si ç'a pris tant de temps, c'est à cause de deux ou trois chialeux, mais eux, ils ne sont pas là ce matin. Il n'y avait rien à faire avec cette façade, car seulement 20 % des pierres étaient encore bonnes et que le site était devenu trop dangereux. Bientôt, il y aura un bel hôtel à cet endroit», a-t-il conclu.