L’ancien bâtiment de l’entreprise Marius Garon sur le boulevard de l’Ormière, au coin de la rue Racine, abritera une nouvelle succursale du cinéma Le Clap.

Le Clap ouvre à Loretteville

EXCLUSIF / Le septième art se porte bien à Québec, surtout celui porté sur les écrans du cinéma Le Clap. La célèbre institution de la pyramide à Sainte-Foy souhaite ouvrir d’ici la fin 2018 un complexe de huit nouvelles salles à Loretteville. Action.

Le Clap prend de l’expansion après son inauguration dans la pyramide en 1985. Il accrochera sa bannière sur l’ancien bâtiment de l’entreprise Marius Garon, à l’intersection du boulevard de l’Ormière et de la rue Racine, où il sera locataire.

Un observateur extérieur pourrait s’étonner de l’ouverture d’un nouveau cinéma à Québec. Avec l’arrivée du magnétoscope, puis du DVD et du cinéma maison, la mort du «grand écran» a été annoncée plus d’une fois. Et pourtant.

«C’est une fausse impression que les gens entretiennent, lance Robin Plamondon, directeur général de l’entreprise. Chez nous, nous avons connu une forte hausse d’achalandage de 9,2 % seulement pour 2017», explique-t-il. D’ailleurs, certaines des sept salles de la pyramide, totalisant 800 places, affichent souvent complet.

Le dg précise que son organisation ne se lance pas dans cette aventure de plus de 3 millions de dollars d’investissements sans avoir fait une étude de marché sérieuse. Le secteur choisi ne relève donc pas du hasard. Les quartiers qui environnent le futur cinéma regorgent de cinéphiles. 

M. Plamondon est convaincu de la pertinence d’ouvrir ce cinéma, d’autant plus que le ratio d’écrans par habitant dans la capitale est inférieur à celui d’autres villes en province. Il est de six écrans pour 100 000 habitants à Québec alors que la moyenne provinciale est de neuf écrans par 100 000 habitants. 

Ceux qui connaissent Le Clap ne seront pas dépaysés. L’ambiance conviviale et la programmation seront les mêmes qu’à Sainte-Foy. 

«Chez nous, les gens ne viennent pas au cinéma, ils viennent au Clap, lance fièrement M. Plamondon. Les cinéphiles retrouveront donc dans le nouveau complexe la même atmosphère et la même qualité de programmation, autant pour les films de répertoire que pour les blockbusters américains, doublés comme en version originale.»

Les salles seront réparties sur deux niveaux.

Plus qu’une projection

Il faut dire que Le Clap s’est bâti une clientèle fidèle au fil des ans. Des milliers de personnes sont membres de l’Abonne-Clap et le cinéma indépendant a su développer des créneaux qui plaisent, comme la présentation du Mois du documentaire et le Festival de cinéma en famille où se mélangent projections, ateliers et rencontres.

Élément non négligeable, l’aménagement des salles ne souffrira pas du manque de hauteur de celles du cinéma de Sainte-Foy. «À l’époque, ça a été un peu plus difficile d’adapter les salles parce qu’elles sont situées au sous-sol de la pyramide. Il y avait une limitation de hauteur. À Loretteville, on sera situé au rez-de-chaussée et à l’étage», se réjouit M. Plamondon, qui promet l’achat d’équipements visuels et sonores à la fine pointe.

Comme sur chemin Sainte-Foy, le nombre de sièges par salle demeure volontairement restreint. Entre une trentaine, pour la plus petite salle, jusqu’à environ 120 pour la plus grande.

«Ça entre vraiment dans notre vision de cinéma de quartier. Ce secteur a changé, tant au niveau résidentiel que commercial. Nous nous rapprochons des gens. Nous voulons devenir une destination», confie M. Plamondon. Le projet est pratiquement bouclé, bien qu’il reste quelques ficelles à attacher. Si tout se déroule comme prévu, l’ouverture pourrait se faire d’ici la fin de 2018.