Le Cercle connaissait cependant des difficultés financières depuis 2014, alors qu’une succession d’événements sont venus nuire à ses activités.

Le Cercle ferme ses portes

Le complexe Le Cercle, qui abrite un restaurant, un bar et une salle de spectacle, a fermé ses portes mardi, 10 ans après son ouverture, a appris Le Soleil. Un processus de faillite est en cours.

Bruno Bernier, propriétaire et directeur général de l’établissement situé au 228 de la rue Saint-Joseph, a annoncé la mauvaise nouvelle à ses employés. «Bonjour à tous, y a pas de belles manières pour ça. Les opérations du Cercle restaurant cessent aujourd’hui [...] Un processus de faillite est en cours. Je vous tiendrai au courant. Merci», a-t-il affirmé dans un message à son équipe diffusé sur le réseau social Facebook. Il ajoutait également qu’il prendrait «la meilleure décision» concernant les derniers spectacles prévus.

Dans un bref entretien avec Le Soleil, M. Bernier a confirmé que tout le complexe fermait ses portes. «C’est la fin... c’est une longue histoire, mais je vais prendre la responsabilité totale sur mes épaules», a-t-il affirmé sur un ton plutôt morose.

«Présentement, nous essayons de voir s’il est  possible de présenter les derniers spectacles. On va essayer de faire du mieux que l’on peut. On essaye de se démêler dans tout ça. Ce n’est pas le fun du tout», poursuit-il.

Période sombre

Fondé en 2007 par Bruno Bernier et ses ex-associés Frédéric Poitras et Frédéric Gauthier, Le Cercle s’était donné comme mandat la culture locale et l’avant-garde. Se qualifiant de «lab vivant», le complexe avait un caractère underground et voulait donner une tribune à des initiatives de la communauté souvent plus risquées ou marginales et il avait également une politique d’achat local. 

L’établissement connaissait cependant des difficultés financières depuis 2014, alors qu’une succession d’événements sont venus nuire à ses activités. D’abord, Frédéric Poitras a quitté le navire en mars 2014 pour occuper un emploi auprès d’Équipe Labeaume. Un an plus tard, un ex-employé du Cercle, Pierre-Yves Lapointe, lançait le restaurant-bar Deux22 tout juste à côté du Cercle et récupérait certains travailleurs de l’établissement.

En octobre 2014, Bruno Bernier avait d’ailleurs déclaré que Le Cercle venait de vivre l’année la plus difficile depuis son ouverture et qu’il avait passé les 12 derniers mois en restructuration dans un climat d’austérité.

C’est au même moment que Le Cercle avait mis fin à ses partenariats avec les microbrasseries québécoises Boréale et Brasseurs RJ pour ratifier une entente avec Budweiser, la marque phare de la multinationale Anheuser-Busch InBev, qui incluait un financement qui devait permettre à l’établissement de se stabiliser financièrement. La décision avait cependant déplu à certains habitués du complexe.

Surprise chez les employés

En pleine période des Fêtes, l’annonce de l’abrupte fermeture du Cercle a pris par surprise les employés de l’établissement, mardi. 

«On ne l’a jamais vu venir. Les gens sont surpris et déçus», a expliqué un employé au Soleil sous le couvert de l’anonymat. Plusieurs se désolaient, selon ce dernier, de la manière dont la décision a été annoncée au personnel. 

Par ailleurs, le message Facebook écrit par le propriétaire Bruno Bernier étant assez flou, les employés étaient encore dans l’incertitude, mardi soir, principalement concernant l’avenir de la salle de spectacle qu’abrite le complexe du Cercle. Si certains gardaient espoir d’un revirement de situation, d’autres ont rapidement commencé à chercher un emploi ailleurs.  Guillaume Piedboeuf