La séance de mardi soir a été agitée au conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures, le maire Sylvain Juneau (au centre) se permettant même de comparer des conseillers au personnage de Gollum dans le Seigneur des anneaux.

Le calme loin d'être revenu à Saint-Augustin

Même s'ils ont annoncé lundi qu'ils ne brigueraient pas un nouveau mandat en novembre, les tensions demeurent à Saint-Augustin-de-Desmaures entre les conseillers issus de l'administration de l'ex-maire Marcel Corriveau et le maire Sylvain Juneau.
Une simple suspension de la séance du conseil de mardi pour permettre à quatre des cinq anciens conseillers qui étaient présents de préparer une proposition a amené les nombreux citoyens, essentiellement des partisans du maire Juneau, à les huer et à lancer des bêlements à leur endroit. La situation a provoqué la colère du conseiller Guy Marcotte. 
Même l'annonce d'un surplus financier en 2016 n'a pas réussi à rapprocher les parties opposées depuis l'élection du maire Juneau en 2015 lors de cette énième séance houleuse. Les états financiers de la dernière année montrent un surplus de 6,9 millions $ et la dette nette de la Ville, qui se chiffrait à 98 millions $ en 2015, a également chuté à 86 millions $ en 2016 alors que la dette à long terme se maintient à 124 millions $.
La conseillère Lise Lortie, issue de la précédente administration, a utilisé ces chiffres pour vanter son bilan et celui de ses quatre collègues. «Cette diminution de la dette est due à la gestion serrée du budget par le directeur général, appuyé par le conseil composé majoritairement de membres de ce que certains appellent encore l'équipe Corriveau», a-t-elle déclaré.
La dette
La bisbille s'est installée quand les conseillers majoritaires ont affecté 33 % du surplus de 2016 au remboursement de la dette alors que le maire Juneau et son allié, le conseiller Raynald Brulotte, auraient préféré que la totalité du surplus y soit affectée.
«Ils sont comme Gollum dans le Seigneur des Anneaux, assis sur leur précieux. Il y a de l'argent dans le compte, mais ils refusent de l'utiliser!» a lancé le maire en signe de dérision avant que Mme Lortie ne réplique qu'il est prudent de conserver un montant «au cas où des opportunités se présenteraient en cours d'année.»
Sa collègue France Hamel a aussi tenu à rappeler à une citoyenne que c'est bien elle et son équipe qui ont diminué cette année les hausses de taxes prévues au départ au budget 2017. 
Mme Hamel a aussi critiqué la conclusion d'un avis juridique à l'effet que le maire ne s'était pas placé en conflit d'intérêts en participant au World Council on City Data à Dubaï à l'invitation de l'Office du tourisme de Québec. «Je pense que notre mandat a été mal compris», a commenté la conseillère.