Le budget 2018 a été adopté sans l’appui de l’opposition officielle, jeudi, à l'hôtel de Ville de Québec.

Le budget voté sans l'appui de l’opposition officielle

Le budget 2018 de la Ville de Québec a été adopté sans l’appui de l’opposition officielle, qui critique la hausse des taxes commerciales et s’inscrit en faux contre certains projets de l’administration Labeaume comme le centre de biométhanisation de 124 millions $ et la rénovation de 40 millions $ de la bibliothèque Gabrielle-Roy.

Le chef de Québec 21 n’a pas été convaincu du plaidoyer du maire Labeaume qui vantait les qualités du budget, la synthèse qu’il souhaitait atteindre après dix années au pouvoir. «Ce n’est pas un mauvais budget, mais...» a lancé Jean-François Gosselin en guise d’introduction.

Mais la hauteur des salaires octroyés à la haute direction, les coûts et les problèmes de déneigement, la hausse du coût de projet de construction de la centrale de police sont autant d’aspects du budget que du plan triennal d’immobilisations contestés par Québec 21.

C’est le conseiller Jonatan Julien qui a pris la parole pour répondre à l’attaque. «M. Gosselin dit qu’il repousserait d’un an le centre de biométhanisation alors que c’est une obligation du gouvernement. Nous avons déjà fait retarder l’échéance de deux ans», explique-t-il.

«M. Gosselin a répété qu’il a posé des questions, mais il faut entendre les réponses. Il faut analyser les réponses. C’est une politique un peu faible», a-t-il poursuivi.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, soutient que le budget témoigne d’une «maîtrise administrative de bon aloi». Par contre, il est toujours contre le projet de Grand marché public à ExpoCité. Le représentant de Cap-aux-Diamants avait fait de son cheval de bataille le maintien du marché public au Vieux-Port. Dans ce contexte, il a décidé d’appuyer le budget, mais de voter contre le plan triennal d’immobilisations.

Enfin, le conseiller indépendant de Montcalm-Saint-Sacrement, Yvon Bussières, a voté en faveur du budget et du PTI.

Après la séance, le maire a précisé sa pensée sur le vote de Québec 21. «C’est déjà une opposition vieillotte. Quand tu arrives, tu es nouveau, voter contre un budget où il y a un gel de taxes, honnêtement, je pense que tu devrais voter pour, juste pour montrer ta bonne foi. La collaboration, ça n’existera jamais. J’en suis certain.»

«M. Rousseau a été cohérent, enchaîne le maire. Il n’est pas d’accord avec le marché. Il a le droit et on le sait depuis fort longtemps, mais il a voté pour le budget. J’appelle ça être moderne.»

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62 466 $ DE PLUS POUR BORDEAUX FÊTE LE VIN

La pluie et le froid qui ont sévi pendant Bordeaux fête le vin à Québec, du 31 août au 3 septembre, ont des répercussions sur les finances municipales. La Ville de Québec devait verser 228 000 $ à 3E, filiale du Festival d’été de Québec, pour l’organisation de la grande fête du vin de Bordeaux sur les quais du Vieux-Port. Une clause d’ajustement inscrite au contrat oblige la Ville à remettre 46 916 $ plus les taxes pour compenser le manque à gagner lié à la baisse de clientèle. «Les conditions météorologiques défavorables ont eu un impact majeur sur les revenus prévisionnels anticipés», peut-on lire dans l’avis de modification. L’organisation d’un «gala pour l’accueil de la délégation bordelaise dans le cadre du jumelage des deux villes» a aussi coûté 15 550 $ et doit être remboursée, portant le total du contrat à 290 466 $.  Annie Morin

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AIRBNB : QUÉBEC ASSOUPLIT SON RÈGLEMENT

La Ville de Québec autorise de nouvelles résidences de tourisme du type Airbnb dans certaines parties du territoire où c’est déjà permis, à l’exception des zones sensibles suivantes:  Colline Parlementaire, Vieux-Québec, Saint-Jean-Baptiste, Cap-Blanc et Saint-Roch. Dans ces secteurs, il est toujours impossible de faire une nouvelle demande de permis pour transformer un logement en résidence pour tourisme. 

En septembre, la ville avait décrété un moratoire mur-à-mur pour mettre un frein, du moins temporairement, à la prolifération de ce type de logement. Plus tard, le conseil municipal remplaçait le moratoire par un règlement de contrôle intérimaire interdisant toute nouvelle demande sur l’ensemble du territoire. C’est ce règlement qui a été assoupli. Un comité se penche actuellement sur la réglementation à adopter pour mieux encadrer les Airbnb, dont plusieurs opèrent sans aucun permis. Les recommandations de ce comité devraient être connues à l’été.  Jean-François Néron