C’est à l’unanimité que les représentants d’Équipe Labeaume à l’hôtel de ville ont voté en faveur du budget présenté par le maire de Québec.

Le budget de la Ville de Québec adopté

Sans surprise, le budget 2019 de la Ville de Québec a été adopté. Sans surprise, l’opposition officielle a voté contre.

Hausses des taxes résidentielles et commerciales à l’inflation, baisse de la dette maintenant dans la moyenne des grandes villes, hausse de rendement de 40 % des employés pour le même dollar payé. 

Le maire de Québec a vanté le budget équilibré de 1,5 milliard $ décortiqué au cours de la dernière semaine d’analyse. «On respecte le cadre financier sévère qu’on s’est donné il y a huit ou neuf ans, même si ça n’a pas été facile.»

Régis Labeaume s’est aussi dit fier d’avoir payé 1 milliard $ en argent comptant en dix ans dans le programme triennal d’immobilisations (PTI), permettant ainsi un contrôle de la dette. Pendant cette période, selon lui, la hausse des taxes des résidents de Québec est 69 % moins élevée que pour les citoyens des autres grandes villes. Un pourcentage qui atteint 34 % pour les commerçants.

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, s’inscrit en faux avec plusieurs aspects du budget. «La stratégie demeure difficile à définir par rapport aux objectifs», estime-t-il, en lien avec la réorganisation administrative entreprise à la Ville. On cherche toujours à évaluer la valeur ajoutée de la réorganisation. Nous pensons que de moins en moins de décisions locales seront prises par les élus du milieu», craint le chef de Québec 21.

Comme l’an passé, la hausse des taxes commerciales passe mal dans l’opposition, qui souhaitait un gel. L’an passé, cette même hausse des taxes commerciales a été un élément déterminant pour convaincre l’opposition officielle de voter contre le budget 2018.

Le programme triennal d’immobilisations a aussi fait l’objet de sévères critiques de M. Gosselin. «Après la surprise de la réorganisation [ratée] du service de police l’an dernier, on apprend cette année que le Grand Marché coûtera 3 millions $ de plus», reproche-t-il.

De plus, il estime que le coût du projet de Centre de glace de 68 millions $ devrait plutôt être de 75 millions $, en incluant des équipements comme les resurfaceuses et bâtiments annexes, qui n’avaient pas été comptabilisés au départ.

Québec 21 contre

Pour ces raisons, les trois membres de Québec 21, M. Gosselin et les élus Stevens Melançon et Patrick Paquet, ont voté contre le budget et contre le PTI.

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a quant à lui voté pour le budget, mais contre le PTI, tout comme le candidat indépendant Raymond Dion. 

M. Rousseau discute certains choix de l’administration Labeaume comme le Grand Marché d’ExpoCité, qui oblige la fermeture du Marché du Vieux-Port dans sa forme actuelle. Il réclame aussi, comme ses collègues de l’opposition, une plus grande participation des élus pour le choix des projets retenus.

M. Dion va plus loin en accusant, une fois de plus, le maire de faire de la «petite politique» à la Duplessis et que les citoyens de son district de Loretteville-Les Châtels font les frais des choix de l’administration Labeaume. Par exemple, il ne digère toujours pas qu’un jeu d’eau prévu dans un parc a été retiré du PTI, sans avertissement, à la dernière minute.

Enfin, le conseiller indépendant Yvon Bussières est le seul de l’opposition à avoir voté pour le budget et le PTI.

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PONT DE QUÉBEC: «2019 OU JAMAIS»

Le maire de Québec estime que le dossier de la dégradation du pont de Québec ne se réglera jamais s’il n’y a aucune entente en 2019 entre Ottawa, Québec et le CN. 

«Si on ne règle pas le pont de Québec avec un Québécois qui est responsable des budgets fédéraux d’infrastructures, ça ne se réglera jamais», estime Régis Labeaume. Selon lui, les planètes sont alignées parfaitement pour une entente alors que des élections fédérales auront lieu à l’automne. «Francois-Philippe Champagne [ministre fédéral] veut régler. On a le bon gars. C’est dans son mandat écrit», insiste le maire. 

Au cœur des discussions : le rachat possible du pont par Ottawa qui l’a cédé au CN en 1993. Le ministère des Transports du Québec entretient la chaussée, mais la structure est en piteux état. Les élus locaux, notamment, réclament depuis longtemps des travaux pour freiner la progression de la rouille. 

Plusieurs évoquent même un enjeu de sécurité des usagers.  Jean-François Néron

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LEGAULT ET LABEAUME DISCUTENT TROISIÈME LIEN

Le premier ministre du Québec François Legault et le maire de Québec Régis Labeaume ont eu une rencontre de travail privée mercredi après-midi, qui portait spécifiquement sur les enjeux du tramway dans la capitale et du troisième lien entre Québec et Lévis. Le ministre des Transports François Bonnardel les accompagnait pour tracer le futur de ces deux importants projets de transport, que le gouvernement de la Coalition avenir Québec a promis de mener de front. Sur Twitter, M. Legault a souligné qu’il s’agissait d’une «bonne rencontre», mais il n’a pas été possible d’en savoir plus sur la teneur des propos échangés.  Patricia Cloutier