Le 100e de l'Armistice souligné à Québec [PHOTOS]

Au jour du Souvenir, marquant le 100e anniversaire de l’Armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, des dizaines de militaires, vétérans, élus et citoyens se sont réunis dimanche à la Croix du Sacrifice à l’entrée des Plaines d’Abraham.

Un siècle après la signature de l’Armistice de la Grande Guerre, qui devait être la seule, les militaires n’ont rien oublié des sacrifices des 650 000 Canadiens engagés dans le conflit mondial.

«C’est important de supporter tous ceux qui sont passés avant nous autres. C’est la mémoire de ceux qui sont décédés, de nos amis qu’on a perdus», a commenté Denis Bissonnette, adjudant au Royal 22e Régiment.

Après une minute de silence, des dizaines de militaires du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment, 30 policiers de la Gendarmerie royale du Canada, 25 policiers du Service de police de la Ville de Québec et une soixantaine de vétérans ont défilé. Puis, les différents dignitaires ont déposé des gerbes de fleurs en souvenir des anciens combattants.

Certains participants à la cérémonie du jour du Souvenir revêtaient les uniformes d’époque.

Legault présent

Pour le premier ministre du Québec, François Legault, dont quatre membres de la famille paternelle ont participé à la Première Guerre mondiale, il est important de se souvenir. «On a un devoir de se souvenir, dire merci à ceux qui ont combattu et à ceux qui acceptent encore aujourd’hui de faire partie des forces armées et qui vont défendre notre liberté, défendre la démocratie.»

Des paroles partagées par le ministre fédéral de la Famille, Jean-Yves Duclos venu avec son plus jeune fils, qui tenait à être présent. «On imagine ce que ça pouvait représenter pour des jeunes de 18 ans de partir sur un autre continent, de vivre dans des conditions extrêmement difficiles, d’être confronté à la peur tous les jours et de voir autour d’eux des jeunes du même âge mourir pour notre pays.»

La cérémonie a été suivie d’un rassemblement près de six canons allemands saisis par le corps expéditionnaire canadien.

Et au-delà de la guerre, la cérémonie était également un bon moyen d’envoyer un message de paix comme l’a rappelé le député de Québec solidaire, Sol Zanetti. «C’est le moment aussi de prendre acte de la gravité de la guerre. On célèbre aussi la fin de l’Armistice, la fin de la Première Guerre mondiale. C’est une célébration aussi de la paix d’une certaine façon.»

La cérémonie a été suivie d’un rassemblement près de six canons allemands saisis par le corps expéditionnaire canadien. Ces six canons représentent les 100 jours du Canada sur le vieux continent, qui a débuté avec la bataille d’Amiens en août 1918.

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LE GRAND-PÈRE DE DELTELL A SERVI LORS DE LA GRANDE GUERRE

Plusieurs couronnes de fleurs ont été déposées au pied de la Croix du Sacrifice à l’entrée des Plaines d’Abraham.

Le grand-père du député conservateur Gérard Deltell a participé à la Première Guerre mondiale comme brancardier dans les tranchées. 

Paule Deltell, 94 ans, se souvient de cet homme, son père, Paul Ponzelli, qui ne parlait pas beaucoup de ce qu’il avait vécu alors qu’il servait dans un régiment de zouaves, une unité française d’infanterie légère appartenant à l’Armée d’Afrique. «Mon père ne nous disait pas grand-chose, c’est dans ses yeux que l’on comprenait ce qu’il avait vécu», a-t-elle confié. «Quand il en parlait, il transformait les choses en histoire comique, il nous a raconté avoir grimpé sur un arbre pour voir où en était la bataille. Comme il était brancardier, il fallait prévoir pour ramener les blessés», a-t-elle poursuivi.

Pour Gérard Deltell, la Première Guerre mondiale est moins connue que le Seconde. Pourtant, les hommes qui ont combattu ont été terriblement marqués par les horreurs vécues. «L’événement du centenaire de l’Armistice permet de rappeler que ça devait être la dernière guerre, il y en a eu d’autres. Ça amène une réflexion et il faut apprendre des erreurs du passé. On aura jamais trop de journées pour se rappeler du sacrifice de ces gens-là au cours des guerres et des missions de paix qu’on mène actuellement.» 

M. Ponzelli a été honoré par la France, il a reçu plusieurs médailles pour son courage et son héroïsme. Il est décédé en 1945 lors de la Seconde Guerre mondiale peu de temps avant la libération.