Le 100e de la Bataille de Vimy commémoré à Québec

C'était jour de commémoration dimanche à la Citadelle de Québec où les militaires se souviennent encore un siècle plus tard de la Bataille de la crête de Vimy en France. Quelque 100 000 Canadiens ont pris part à ce qui est considéré aujourd'hui comme une victoire importante pour l'unité des Forces canadiennes.
C'est au pied d'une croix en bois offerte par la France en 1923 que s'est tenue la cérémonie qui accueillait des militaires actifs et d'anciens combattants. Parmi eux, le lieutenant-général à la retraite, Richard J. Evraire.
«C'est une fierté spéciale pour les Québécois et tous les francophones qui ont participé à ce bataillon pendant la Première Guerre mondiale», lance-t-il, en référence au fait que le 22e Bataillon appelé à combattre est l'ancêtre du Royal 22e Régiment. 
«Ils ont fait preuve de courage et dévouement pour le Canada. C'est à nous les membres du 22e Régiment, de continuer. D'ailleurs, on a participé à tous les événements auxquels le gouvernement fédéral a voulu participer pour conserver la paix et l'intégrité de notre pays. On en est très fier. On est tous là pour poursuivre dans la même voie», ajoute le militaire à la retraite.
Après de longs mois de préparation, l'assaut est lancé le 9 avril 1917 par quatre divisions canadiennes. Ils prendront possession de la crête le 12 avril après le recul des Allemands. La victoire canadienne survient après de nombreux échecs des forces britanniques et françaises.
Mais cette victoire a un prix. Au total, 10 600 soldats furent blessés, dont 3600 mortellement. Le 22e Bataillon compte 26 morts et 84 blessés parmi ses membres. Les survivants conserveront le souvenir de conditions extrêmement difficiles, selon un document explicatif des Anciens Combattants. «La vie dans les tranchées était misérables. Souvent, les soldats étaient couverts de boue et ils avaient froid. Il leur faillait aussi cohabiter avec certains indésirables comme les rats, les poux et les puces», est-il écrit.
«Ce n'est pas la bataille la plus importante au niveau stratégique, mais elle revêt une forme symbolique, soutient Dany Hamel, directeur et conservateur du Musée Royal 22e Régiment. C'est la première fois où l'ensemble du corps expéditionnaire canadien combat côte à côte vers un objectif commun. Le but était de faire diversion pour que les Français attaquent ailleurs. 
«C'est aussi un grand symbole de la participation canadienne à la Première Guerre mondiale», poursuit-il. En effet, la victoire a aussi augmenté le poids du Canada sur l'échiquier international.
Ceux qui voudraient en apprendre davantage sur la Bataille de Vimy peuvent d'ailleurs visiter l'exposition Les échos de Vimy présentée au Musée de la Citadelle.
«Le Canada est né ici», à Vimy, déclare Trudeau
«La victoire de la crête de Vimy n'aurait pas été possible sans les efforts concertés du Canada et de ses alliés. Il est tout à fait naturel, 100 ans plus tard, de nous tenir aux côtés de nos alliés pour réfléchir à notre victoire, souligner cette étape marquante et renouveler nos liens d'amitié», a mentionné Justin Trudeau (ici en compagnie du président français, François Hollande) dans un communiqué.
«Le Canada est né ici.» Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rendu un vibrant hommage dimanche au Mémorial national du Canada à Vimy, dans le nord de la France, aux soldats canadiens décédés lors de cette bataille d'avril 1917.
«Près de 3600 soldats sont tombés ici» lors ces trois jours de combat démarrés il y a tout juste 100 ans et qui marquent le début de la bataille britannique d'Arras (9 avril-16 mai 1917), et «c'est par leur sacrifice que le Canada est devenu un signataire indépendant du traité de Versailles», a rappelé M. Trudeau.
Pour la première fois, les quatre bataillons canadiens, soit environ 80 000 soldats jusque-là incorporés dans l'armée britannique, conduisirent en effet l'assaut de la crête de Vimy, qui contrôlait le bassin minier, sous leurs propres couleurs, gagnant ainsi leurs galons sur la scène internationale.
«Ces hommes n'étaient pas insensibles à la peur, ils souffraient de l'éloignement, de la fatigue, du froid [...], mais ils se sont battus jusqu'à la victoire dans cet endroit qui avait été transformé en forteresse», a poursuivi le premier ministre, terminant son discours d'un solennel «ne les oublions jamais».
«Reconnaissance»
Le président français François Hollande a apporté «toute sa reconnaissance» aux sacrifices effectués par les soldats canadiens lors du conflit, et souligné que les deux pays ont toujours oeuvré ensemble «pour faire avancer la cause de l'humanité».
«C'est ce que nous faisons quand nos pays s'engagent pour répondre aux appels des réfugiés du Moyen-Orient qui recherchent une terre d'asile; [...] quand nous condamnons les massacres chimiques réalisés aujourd'hui par un régime criminel; [...] quand nous luttons contre le terrorisme; quand nos peuples blessés refusent de basculer dans la haine et le rejet; [...] quand nous oeuvrons chaque jour pour faire reculer les discriminations et pour que nos pays continuent d'être des terres de tolérance et de progrès», a-t-il affirmé.
Les cérémonies officielles ont débuté à 16h (heure locale) par les tirs d'une salve d'honneur, sous un soleil radieux, suivis par plusieurs milliers de personnes, principalement des Canadiens.
Elles ont rendu hommage aux contributions et sacrifices consentis par les Canadiens au cours de la Première Guerre mondiale.
Pendant deux heures, diverses représentations théâtrales, prestations musicales notamment de la chanteuse Isabelle Boulay ou encore le survol aérien par des avions d'époque auront marqué la fin d'après-midi.  Avec AFP