En contrepartie de l'entretien des lieux pendant quatre ans, Pierre Dusart peut tenir son café sandwicherie dans l'espace resto de l'ascenseur de la côte d'Abraham.

L'ascenseur du Faubourg métamorphosé

Où se trouve le local le moins cher du quartier Saint-Roch? Sans aucun doute en bas de l'ascenseur du Faubourg. En fait, c'est la Ville de Québec qui paie pour qu'on entretienne le lieu, et en contrepartie, on peut y tenir commerce.
Pierre Dusart a flairé la bonne affaire. Depuis décembre, il a complètement transformé ce petit espace qui ne payait pas de mine, en un café sandwicherie tout ce qu'il y a de plus accueillant. «Je me cherchais depuis quelque temps un local dans le quartier. Les choses étant ce qu'elles sont, les prix étaient absolument inaccessibles et hallucinants», lance le jeune homme, dont c'est la première entreprise.
Utilisateur de l'ascenseur de la côte d'Abraham depuis qu'il a déménagé dans le secteur, il y a cinq ans, il a remporté l'appel d'offres lancé par la Ville l'an dernier. Sa soumission de 275 000 $ pour l'entretien du lieu pendant quatre ans était la moins chère. Pierre Dusart et ses employés doivent s'occuper du ménage, de même que de fermer et d'ouvrir l'ascenseur sept jours sur sept.
«Les contrats d'entretien se sont toujours donnés comme ça à cet endroit-là. En tout cas, c'est comme ça depuis plusieurs années», indique David O'Brian, porte-parole de la Ville de Québec. Ce type d'arrangement est assez unique à Québec, l'ascenseur du Faubourg, qui date de 1942, étant le seul que la Ville possède. Le contrat ressemble toutefois à ceux des casse-croûtes dans les arénas appartenant à la Ville.
Ce qui frappe, toutefois, c'est comment M. Dusart a métamorphosé l'endroit en abattant le mur devant les portes d'ascenseur et en aménageant un café - simplement appelé l'Ascenseur, d'une quinzaine de places.
«Avant, c'était tellement pas invitant que moi-même, j'évitais de passer par là quand je pouvais», admet M. Dusart, qui préférait les escaliers situés juste à côté. Aujourd'hui, il souhaite que son café devienne un lieu de rencontre pour les habitants du quartier et les touristes voyageant à pied ou en vélo entre la basse et la haute ville.
Un lieu pour s'abriter de la pluie ou se réchauffer quand il fait froid. Ou même pour lire un peu, en prenant ou en laissant un bouquin dans la petite bibliothèque libre-service située au fond du local.