Ses funérailles ont été célébrées à Lévis, une municipalité dont il a été le maire de 1998 à 2005.

L'ancien ministre péquiste Jean Garon conduit à son dernier repos

Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage samedi après-midi au politicien de longue date Jean Garon, saluant son intégrité, sa fidélité politique autant que familiale et sa ferveur indéfectible envers l'indépendance du Québec.
«Ce qui est ressorti aujourd'hui, c'est vraiment la fidélité. La fidélité envers sa femme, et la fidélité envers le peuple québécois. La fidélité envers le bien commun. Et pour lui, ça passait par l'indépendance. Ça résume, je pense, sa vie», a illustré à l'issue de la cérémonie religieuse la nièce de Jean Garon, Pénélope Garon.
Durant la cérémonie, son ami et collaborateur politique de longue date Simon Bégin a bien cerné la nature de la bête politique que représentait Jean Garon. «C'était une machine à idées, comme la locomotive d'un train qui a un seul but, le bien commun dans un Québec souverain.» Il a livré un hommage bien senti envers ce redoutable politicien, qui n'avait pas la langue dans sa poche. «Il a fait preuve d'intégrité, de sincérité et de franchise... même si ça pouvait être bête.»
Les filles de Jean Garon ont à leur tour louangé l'intégrité de leur père tout au long de sa carrière à l'Assemblée nationale et à l'hôtel de ville de Lévis. «Tu as été un modèle d'intégrité absolue, et nous savions que rien ne nous éclabousserait», ont-elles lu. «Nous comprenons aujourd'hui à quel point c'est inestimable.»
Le frère du défunt, Emmanuel Garon, a partagé quelques bribes de l'homme de famille derrière le politicien de carrière. «Le Jean Garon que j'ai connu à la maison, c'était essentiellement le même que les Québécois ont connu.»
Plusieurs politiciens souverainistes étaient présents pour cet adieu célébré à l'église Notre-Dame de Lévis. Tous ont salué l'engagement sans équivoque du politicien, dès son jeune âge, envers la cause souverainiste. «Jean Garon, pour nous, c'était comme un héros qu'on a vu grandir», a soutenu le chef par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard. «Il incarne toute une histoire politique. Quelqu'un qui avait les idées claires, qui croyait au peuple, et qui faisait de la politique pour le monde.»
«Cette passion-là»
Le député de Saint-Jérôme et probable candidat à la course à la chefferie du PQ, Pierre Karl Péladeau, n'avait que de bons mots pour le politicien lévisien. «C'est un homme qui s'est battu pour ses convictions. Et cette cérémonie l'a bien fait transparaître», a laissé entendre l'ancien pdg de Québecor. «Quand on voit à 20, 25 ou 30 ans qu'on prend le bâton de pèlerin et qu'on s'en va vendre des cartes du RIN... Il fallait véritablement avoir cette passion-là, cette conviction profonde. Jean Garon était cet homme, qui malgré toutes sortes de revers, a gardé courage, a gardé l'entièreté et la profondeur de ses convictions.»
La députée de longue date Agnès Maltais a rappelé pour sa part le lien affectif entre Jean Garon et les citoyens. «C'était extrêmement émouvant. Il y avait une proximité entre Jean Garon et les gens de Lévis. Il y avait une vie familiale, très serrée et très chaleureuse», a-t-elle dit.
La politicienne a elle aussi mis l'accent sur le parcours indépendantiste de l'homme. «Il y a eu beaucoup de références à ce combat qu'il a fait toute sa vie pour que le Québec devienne un pays indépendant», a souligné la députée péquiste. «C'était aussi un appel à continuer ce débat sur la nation québécoise.»
Jean Garon est décédé le 1er juillet dernier. Il a marqué l'histoire politique québécoise, notamment lors de ses passages comme ministre de l'Agriculture et de l'Éducation, et comme maire de Lévis.