Lampadaires «technos» sur Saint-Joseph

La Ville de Québec lance un projet pilote sur la rue Saint-Joseph Est afin d'offrir un accès à l'Internet sans fil à l'extérieur. Le système comportera d'autres fonctionnalités innovantes : éclairage festif depuis les lampadaires, détection des stationnements libres, diffusion de musique, surveillance de la criminalité...
Entre les rues Saint-Dominique et Dorchester, 56 poteaux d'éclairage municipaux seront chapeautés d'une antenne qui diffusera le signal web sans fil aux insatiables bibittes technos que nous devenons.
Mais l'avancée technologique est ailleurs. «L'innovation, ce n'est pas le Wi-Fi», convient le PDG de DimOnOff, Bernard Têtu. L'entreprise de la capitale participe à l'aventure. Elle équipera les luminaires urbains d'une série d'autres appareils qu'elle pourra contrôler à distance via le Web. Le projet pilote permettra à son équipe d'avoir un «espace» où tester les technologies.
Le réseau permettra donc à la compagnie de peaufiner son système de contrôle et gestion de l'éclairage public à distance. On sait déjà également que des lumières «festives» seront intégrées. Il sera possible de changer la couleur de la lumière projetée côté trottoir selon la saison, la fête, l'événement culturel en cours.
Quoi d'autre? «Ça va au-delà de notre imagination», lance M. Têtu. Il rêve d'une technologie pouvant identifier les stationnements libres pour réduire la circulation routière en limitant le nombre d'automobilistes qui tournent en rond à la recherche d'un trou pour leur bolide.
«Pourquoi pas un détecteur de graffitis», poursuit-il. Ou diffuser de la musique. Ou installer un micro qui entendra les bruits de la Ville pour identifier un accident ou une bataille dans un secteur de bars.
Étendre le concept
Le maire de Québec, Régis Labeaume, aimerait «éventuellement» étendre le concept à toutes les artères commerciales. Et d'y ajouter des fonctionnalités : parcours culturels, touristiques et commerciaux ; compteur d'achalandage; etc.
De l'espionnage? Une intrusion dans la vie privée? Le maire balaie d'un revers de main.
Bernard Têtu, de DimOnOff en fait de même : «Ce n'est pas de l'espionnage en tant que tel». Il s'agirait plutôt d'amasser des données pour améliorer les services à la population. «Ça va nourrir l'intelligence de notre ville.»
Son objectif est aussi de vendre son produit. En le distribuant à la grandeur de la ville, d'abord. Puis à l'international en se servant de la rue Saint-Joseph Est comme d'une salle de démonstration : «Le but c'est de développer pour vendre et exporter. C'est vraiment le but.»
Le projet est une collaboration avec la Société de développement commercial de Saint-Roch et ZAP Québec. «Afin de dynamiser leurs artères, les sociétés de développement commercial ont ciblé l'ajout de l'accès à Internet sans fil comme objectif d'attrait», note le maire Régis Labeaume.
La Ville offre une subvention de 187 500 $ à DimOnOff pour cet essai qui durera trois ans. Le réseau Wi-Fi sera mis en place dès cet été.