Selon une décision du comité exécutif, dirigé par le maire Régis Labeaume, la Ville de Québec estime que la demande «excède largement» ce qui avait été proposé en 2009 par Québec.

Lac-Beauport veut annexer une partie du territoire de Québec

Une résolution votée le 3 juillet par la municipalité de Lac-Beauport d’annexer 791,47 hectares du territoire de la Ville de Québec force les élus municipaux de Québec à sortir de leurs vacances pour un conseil extraordinaire lundi.

L’administration Labeaume votera contre cette demande d’annexion, a appris Le Soleil. Selon une décision du comité exécutif, la Ville de Québec estime que la demande «excède largement» ce qui avait été proposé en 2009 par Québec, soit trois blocs de terrains représentant 37,3 hectares. «Rien ne justifie de modifier la position prise par la Ville en 2009 à l’égard de la demande de la municipalité de Lac-Beauport, tel que formulé», peut-on lire dans le sommaire décisionnel. 

En effet, ce n’est pas la première fois que Lac-Beauport veut annexer un bout de territoire de la ville de Québec dans le secteur du lac Tourbillon. En 2008, la municipalité avait déjà fait voter une résolution d’annexion. Cette demande avait été rejetée par la Ville de Québec, qui avait proposé les 37,3 hectares. 

Joint en début de soirée par Le Soleil, le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu justifie cette annexion par une demande répétée des citoyens vivant dans le secteur. «Il ne faut pas voir ça trop gros, ça concerne surtout le lac Tourbillon, dont la moitié est sur le territoire de Québec, mais qui n’a pas d’accès par Québec.»


« Ce sont des terrains de résidents qui demeurent officiellement à Québec, mais qui vivent essentiellement à Lac-Beauport, qui reçoivent leurs services à Lac-Beauport, et qui nous demandent depuis de nombreuses années d’être annexés à Lac-Beauport »
Michel Beaulieu, maire de Lac-Beauport

Dans un document obtenu par Le Soleil, la municipalité de Lac-Beauport estime que de nombreux citoyens sont lésés d’être sur le territoire de Québec. On parle de services de protection des incendies, de l’interconnexion au réseau routier municipal, et de la répartition des taxes municipales perçues. L’annexion permettrait également d’améliorer la gestion des eaux usées dans le sous-bassin versant du lac Beauport. 

Le sentier La ligne d’horizon compris

La municipalité de Lac-Beauport réclame aussi l’annexion du sentier pédestre, La ligne d’horizon. Ce sentier de 12 km, fermé depuis deux ans pour des raisons de limites administratives, chevauche Lac-Beauport et Québec. Il relie la place Saint-Dunstan (caisse populaire) au parc de la Gentiane (en face du Club nautique) en passant par le centre de ski Le Relais et le sommet du mont Saint-Castin. 

«Les citoyens veulent qu’on l’entretienne et qu’on rende un service municipal, mais comme on n’est pas chez nous, on ne peut pas intervenir. On a fait des représentations, il y a quelques mois, et on a demandé si c’était possible de faire une annexion. On y va sur un processus normal. On a fait une résolution qui positionne la municipalité. Ça touche une cinquantaine de propriétaires terrestres, la majorité forestiers, qui sont importants pour faire notre sentier pédestre», fait valoir le maire Beaulieu.

En entrevue téléphonique, le conseiller municipal de l’opposition, Jean Rousseau, qui devait partir en vacances lundi, ne comprend pas pourquoi Lac-Beauport veut annexer un aussi grand territoire, et encore moins de procéder à une résolution le 3 juillet alors que le dernier conseil municipal de la ville de Québec a eu lieu le 4 juillet. «Demander une telle superficie à la Ville de Québec est exagéré», pense M. Rousseau, qui votera contre la demande d’annexion. «Et le faire de cette manière est vraiment aberrant. S’il y a eu des discussions avant et que la Ville n’a pas montré d’intérêt, je ne comprends pas le geste», poursuit-il.

Selon le maire de Lac-Beauport, l’objectif n’était pas de forcer une séance extraordinaire à la ville de Québec. «Je n’étais pas au courant que la Ville avait 30 jours pour se positionner. Il ne faut pas voir ça démesuré», plaide M. Beaulieu, qui s’attend au rejet de l’administration Labeaume. «Le dossier va suivre son chemin au ministère des Affaires municipales. On veut questionner le ministère sur la situation des citoyens», conclut-il.