Le plus inquiétant, selon Jean-François Gosselin, est que le maire de Québec ne peut consacrer toute son énergie au public, car il est trop dépassé par les événements.

Labeaume vit «une crise de leadership sans précédent», dit Gosselin

L’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, formé du chef de Québec 21 Jean-François Gosselin et de l’élu Stevens Mélançon, a dénoncé vendredi une «crise de leadership sans précédent» pour Régis Labeaume. La missive a été lancée quelques heures après que le président de l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles, Raymond Dion, ait quitté les rangs du parti au pouvoir pour siéger en tant qu’indépendant.

«On parle quand même d’un deuxième départ en moins de deux mois, tranche d’emblée le chef Jean-François Gosselin. Pour ceux qui ne le croyaient pas encore, c’est clairement une crise de leadership que vit présentement Régis Labeaume.»

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Le plus inquiétant, selon lui, est que le maire de Québec ne peut consacrer toute son énergie au public, trop dépassé par les événements. «Pendant ce temps-là, c’est clair qu’il ne peut pas occuper ses fonctions qui sont de s’occuper des citoyens, parce qu’il doit gérer cette crise à l’interne», ajoute le leader de l’opposition, en point de presse.

Ce dernier indique toutefois féliciter le geste «courageux» de M. Dion. «Il va retrouver sa liberté d’expression pour pouvoir travailler pour les citoyens, on le salue, poursuit-il. Mais ça en dit long, selon nous, sur les manières de fonctionner. Régis Labeaume traite ses conseillers comme des plantes vertes, ils n’ont pas le droit de parole.»

Abondant dans le sens des propos de son chef, celui qui est également président de l’arrondissement de Beauport, Stevens Mélançon, affirme ne jamais avoir été censuré de la sorte dans le cadre de ses fonctions. «M. Gosselin, il me donne carte blanche. J’ai le droit à mes opinions, à mes idées, jamais je ne suis brimé dans mon expression, et c’est fondamental», dit-il. 

«Vous savez, en administration, on a besoin d’écoute, oui. C’est bien beau écouter, sauf qu’il faut encore poser des gestes qui vont en conséquence. Ces conseillers-là actuellement se retrouvent isolés», ajoute-t-il, faisant au passage référence au cas de Jonathan Julien, ancien bras droit du maire lui aussi devenu indépendant il y a quelques semaines déjà. 

Malaise et questionnement

Visiblement indigné, Jean-François Gosselin s’est souvenu mardi du «malaise» survenu en plein comité plénier sur le tramway, récemment. Sur place, Raymond Dion avait posé selon lui de bonnes questions légitimes sur le tracé du réseau structurant. 

«Il se demandait notamment pourquoi ça ne venait pas dans son district, et il s’est fait remettre à sa place assez rapidement, rabroué par très discrètement par Régis Labeaume lui-même, déplore le chef de Québec 21. J’imagine que depuis ce temps-là, ça devait lui [Raymond Dion] trotter un peu dans la tête.»

Les deux élus qui ont claqué la porte de l’Équipe Labeaume ont fait campagne avec le maire. Un fait qui démontre que la crise de leadership est bel et bien tangible, selon M. Gosselin. «Il n’y a même pas un an, on était en campagne, tranche-t-il. Ces gens-là ont fait campagne à ses côtés.»

D’autres départs à prévoir, selon le chef de l’opposition? «On verra ce que l’avenir nous réserve, répond-t-il prudemment. Chose certaine, si vous m’aviez demandé hier s’il y aurait un départ aujourd’hui, je ne l’aurais pas su. C’est une surprise pour tout le monde.»

Il ajoute, en fin de point de presse, que son équipe est toujours ouverte à discuter avec de nouveaux visages. «On continue à dire que ceux et celles qui partagent nos idées — pour le troisième lien à l’est, contre le tramway et contre les dépenses folles de l’administration — on les accueillera. Si jamais M. Dion est d’accord avec nos idées et qu’il veut prendre le temps de s’asseoir, c’est évident qu’on va le faire.»

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«Écouter la population»

Aux yeux de Jean-François Gosselin, il est clair actuellement que les conseillers de l’Équipe Labeaume se font dire, sur le terrain par des citoyens, que «le projet de tramway ne répond pas aux besoins de la population présentement».

«La réflexion, elle s’amorce. On a vu les chiffres du sondage pour le troisième lien, et dans le district de Raymond Dion justement, c’est très populaire si je ne trompe pas», argue-t-il. 

Après vérification, dans le secteur de La Haute-Saint-Charles — le district de M. Dion — le taux d’appui au projet de lien inter-rives atteint 78%, selon les résultats du sondage Léger publiés la semaine dernière, en marge d’un point de presse du maire Lehouillier à l’Hôtel de Ville de Lévis.