Le maire de Québec, Régis Labeaume

Labeaume veut l'argent du «pot»

Sécurité publique, zonage, finances, surveillance: Régis Labeaume se dit «inquiet» devant la légalisation de la marijuana. Le maire de Québec craint que tous les tracas retombent sur la tête des villes une fois que les politiciens fédéraux auront «rempli leur promesse». Et en échange, il souhaite toucher une partie des taxes comme l'a récemment évoqué le maire de Montréal, Denis Coderre.
Beaucoup de secteurs sous la responsabilité des villes seront en effet touchés par la légalisation du «pot», promise par le premier ministre canadien Justin Trudeau et qui pourrait être en vigueur le 1er juillet 2018.
L'échéance arrive vite aux yeux du maire de Québec. «Les problèmes, ça va être dans les villes. Le problème c'est que si la loi porte à interprétation, qui est pogné avec l'interprétation? Les villes», a tranché M. Labeaume en réponse à un citoyen lors de la séance du conseil de lundi soir.
Les villes devront notamment trancher sur le plan de la sécurité publique et du zonage «si tout le monde se met à en planter chez eux», a illustré le maire.
Les échanges sur le sujet du cannabis ont donné place à quelques moments plus légers et humoristiques avec les citoyens. Mais les préoccupations des élus sont réelles.
Toucher une partie des taxes
L'Union des municipalités du Québec UMQ) et la Fédération canadienne des municipalités (FCM) se penchent présentement sur les conséquences de la légalisation.
«Nos associations de maires sont en train de faire le tour du problème. Il va falloir faire face au problème. Faudrait qu'on se paye un petit voyage à Denver», a lancé M. Labeaume à propos de la façon, très prospère, dont cette ville du Colorado a tablé la légalisation pour renflouer ses coffres.
«J'ai dis à mes collègues maires, c'est nous qui avons les problèmes, on peut-tu avoir un petit bout de ces taxes-là? Si on ne pouvait pas avoir une petite part des taxes pour qu'on puisse régler nos problèmes», a lancé M. Labeaume qui a abordé la question aux Assises annuelles de l'UMQ début mai.
Le maire de Québec a ainsi pris lundi la même position que celle de son homologue de Montréal, Denis Coderre le mois dernier.
«Préparez-vous, c'est sûr que Montréal veut une partie des redevances», avait assuré M. Coderre cité par le Journal de Montréal le 19 avril. «C'est une nouvelle source de revenus, je n'enlève pas d'argent à personne. Si c'est payant pour Ottawa et que c'est payant pour Québec, alors pourquoi nous on subirait tous les manques de ressources ?» avait dit le maire de Montréal.