«Il faut comprendre que la ville va changer. Ça prend des immigrants. Il faut qu’on se parle», insiste le maire Labeaume.

Labeaume veut faire de Québec la ville la plus entrepreneuriale au pays

Régis Labeaume veut faire de Québec la ville la plus entrepreneuriale au pays d’ici cinq ans. Mais sans une forte hausse de l’immigration, c’est impossible. Le maire veut préparer l’homogène population blanche de Québec à ce changement «incontournable».

«Québec, une ville en transformation.» C’est le titre de la conférence du maire présentée jeudi devant des membres de la Chambre de commerce et d’industrie. Et cette transformation s’opère de deux façons. La première est d’apporter une plus grande aide aux entreprises en démarrage qui se font plus nombreuses.

«Il y a eu un bond spectaculaire dans le désir d’entreprendre dans la ville de Québec, soutient M. Labeaume. C’est rare qu’une ville connaisse un bond aussi important. Les mentalités changent. Chez les jeunes surtout. Mais ça ne peut arriver que s’ils sentent qu’ils ont le soutien», ajoute-t-il.

Même si des programmes d’aide aux entreprises existent déjà, le maire souhaite apporter un coup de pouce supplémentaire, en amont. «On veut sortir les entrepreneurs de leur sous-sol. On va aller aussi loin en tentant de les loger dans Saint-Roch. On veut louer ou acheter un édifice dans le quartier pour aider au démarrage. Quand il n’y a aucun coût de logement, ça aide.»

Évidemment, la capitale doit conjuguer avec une pénurie de main-d’œuvre. C’est ici que s’opère la seconde transformation. «Il faut comprendre que la ville va changer. Ça prend des immigrants. Il faut qu’on se parle», insiste le maire, qui veut échanger avec la population sur cette question parfois sensible.

Un plan

À cet effet, M. Labeaume a un plan qu’il ne voulait pas dévoiler, jeudi. Il en a quand même donné l’idée maîtresse. «Il faut aplanir les peurs et les craintes», croit-il en parlant de la fameuse «peur de l’inconnu».

«C’est un phénomène normal dans une population blanche d’obédience judéo-chrétienne, parlant français», reconnaît-il. Mais la discussion devra inévitablement se tenir», renchérit M. Labeaume. «Québec va changer d’ici 10 ans, c’est incontournable. Si on n’a pas la main-d’œuvre pour nos entreprises, on va avoir un méchant problème économique.»

Le maire se rendra à Montréal la semaine prochaine pour participer à un Sommet sur l’immigration. «On va leur dire qu’on existe. Il faut amener du monde à Québec et ça va commencer à urger. Une langue, ça s’apprend et Québec est appelée à se métisser», lance-t-il. Il en a profité pour déboulonner ce qui est, selon lui, des mythes tenaces. «C’est faux de dire qu’on ne retient pas les immigrants. On a un taux de rétention de 93,7% selon le recensement de 2016. De plus, le taux de chômage est de 7% chez les immigrants. C’est peut-être le double de la population en général. Mais c’est loin des 20% à 25% qu’on entend», a-t-il précisé.