«J’aimerais en avoir plus [des radars photos] parce que la demande est là. Les gens qui vivent dans les quartiers veulent que ça ralentisse», a dit le maire sortant, Régis Labeaume.

Labeaume veut ajouter des radars photo

Même s’il se questionne sur l’efficacité des radars photo pour faire ralentir les automobilistes, le maire sortant Régis Labeaume souhaite en ajouter dans les rues de Québec.

Depuis octobre 2015, le ministère des Transports permet à la Ville de Québec d’utiliser quatre cinémomètres mobiles sur le réseau routier municipal. Or, malgré l’émission de 24 000 constats d’infraction, dont 1800 dans des zones scolaires, les citoyens se plaignent encore de vitesse excessive dans les quartiers résidentiels.

Au lieu de s’en tenir à la répression, Régis Labeaume a donc proposé d’organiser une grande consultation pour trouver des moyens de diminuer la vitesse dans les quartiers résidentiels. Idéalement, il voudrait que les automobilistes ralentissent «par conviction». 

En entrevue à Radio-Canada jeudi matin, le maire sortant est cependant revenu à la charge avec les radars photo. «Je voudrais qu’on les multiplie, c’est certain», a-t-il déclaré. 

En conférence de presse quelques heures plus tard, il a répété: «J’aimerais en avoir plus parce que la demande est là. Les gens qui vivent dans les quartiers veulent que ça ralentisse.»

Puis le maire Labeaume a tangué de nouveau, admettant qu’il s’interroge toujours sur l’efficacité des radars photo. Il leur reconnaît un effet à court terme sur les contrevenants, mais ne croit pas que cet effet perdure bien longtemps.

Pertinence de la répression

L’élu municipal se questionne aussi «de manière générale sur la pertinence de la répression». «La répression, ça a des limites parce qu’on ne peut pas avoir un radar par rue et un policier par rue», a-t-il laissé tomber. 

D’après M. Labeaume, le fait que le ministère de la Justice a cessé d’émettre des constats d’infraction depuis des mois en raison d’une contestation juridique ne fait rien pour aider puisque les conducteurs ne sont plus punis même s’ils croisent un cinémomètre à une vitesse supérieure à la limite affichée. «Je n’ai pas de chiffres, mais à vue de nez, ça me semble évident», dit-il.

D’où son idée de travailler davantage sur le long terme. «Quand vous regardez entre les provinces, entre les États et entre les grandes villes, la différence, c’est les mentalités», expose-t-il.

Alors qu’il avait précédemment annoncé son intention de procéder à sa consultation publique sur la sécurité routière dans la première moitié de l’année 2018, le maire est apparu moins pressé jeudi. Il a dit attendre le prochain rapport de la Table québécoise de la sécurité routière. 

Or la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) nous a confirmé jeudi que cette organisation est «en veilleuse» depuis quelques années déjà. 

Il n’y a donc rien à attendre de là. 

À partir des résultats de sa propre consultation sur la sécurité routière, la SAAQ doit toutefois produire des recommandations au ministre des Transports en vue de réformer le Code de la sécurité routière. 

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DES MILLIONS PROMIS POUR LE DOMAINE MAIZERETS

Équipe Labeaume recycle une promesse électorale non réalisée et y ajoute une couche. La grange de pierre du domaine Maizerets, qui date de 1755, serait finalement restaurée dans le prochain mandat. 

Annoncé pendant la campagne électorale de 2013, le projet a pris du retard en raison d’études techniques. La grange de bois de 1920 attenante à celle de pierre doit aussi être aménagée pour tenir des activités populaires et corporatives. 

L’investissement n’est pas définitivement chiffré, mais devrait représenter «quelques millions de dollars» selon le maire sortant Régis Labeaume. Des subventions d’au moins 50% seront demandées au ministère de la Culture du Québec. 

La conseillère municipale sortante Geneviève Hamelin a fait ressortir la possibilité de nouveaux revenus pour la Société du domaine Maizerets par la location de salles, mais aussi l’ajout d’activités pour la communauté. L’aménagement de jeux d’eau (800 000 $), actuellement en cours, et la rénovation de la piscine (plus d’un million $) précèderont la restauration des granges.