Le maire de Québec, Régis Labeaume, met dans le haut de sa liste d’épicerie électorale la hausse du nombre d’immigrants issus de la francophonie.

Labeaume veut 5000 immigrants par année

L’administration Labeaume a fait sa liste d’épicerie en vue du scrutin du 1er octobre. Avec 17 000 emplois à pourvoir dans la région métropolitaine de recensement de Québec, le premier ingrédient à mettre dans le papier est la hausse du nombre d’immigrants issus de la francophonie.

«Il y a deux facteurs d’intégration, la langue et la job. On est capable de fournir les deux.» Voilà l’essence du message livré lundi par le maire de Québec à ceux qu’il appelle les «prétendants aux postes névralgiques de l’État». Il veut les entendre se prononcer sur leur objectif en matière d’immigration. «Combien d’immigrants francophones sont-ils prêts à accueillir au cours des quatre prochaines années», questionne-t-il.

Pour Régis Labeaume, le manque de travailleurs pour pourvoir les 17 000 postes recensés, dont 10 000 sur la rive nord, est la plus grande entrave au développement économique de la région. 


« Il y a deux facteurs d’intégration, la langue et la job. On est capable de fournir les deux »
Le maire de Québec, Régis Labeaume

«Si on ne prévoit pas l’avenir, la prospérité [actuelle] pourra avoir l’effet d’un mirage. Le manque dramatique de main-d’œuvre peut mettre en péril notre économie. C’est le plus gros problème de la région. L’heure n’est plus aux constats ni aux études ou bonnes intentions», explique le maire.

Entre 2013 et 2017, ils ont été 16 308 à s’établir sur une des deux rives. Une hausse de 19 % sur la précédente période de cinq ans, un résultat nettement insuffisant aux yeux de l’élu. M. Labeaume aimerait voir passer ce seuil moyen de 3200 à 5000 travailleurs par année.

Faciliter la venue

Pour réaliser ce souhait, le gouvernement du Québec devra faciliter leur venue en provenance des pays francophones et francophiles, souligne-t-il. En effet, il identifie plusieurs obstacles à l’embauche d’immigrants qualifiés comme moins qualifiés. 

«Il faut diminuer les délais d’immigration actuels de 17 semaines, les délais de traitement des permis de travail qui sont passés de quatre à huit semaines à 17 semaines en trois ans et assouplir certaines exigences comme demander aux immigrants de fournir une attestation de travail auprès de leurs deux derniers employeurs. Cette dernière requête est ridicule. Pensez-vous qu’un employeur va vouloir signer cette attestation en sachant que son employé veut s’établir ailleurs», illustre le maire. 

À ces demandes, M. Labeaume ajoute la reconnaissance des expériences professionnelles et des diplômes obtenus hors Québec ainsi que la délivrance de permis de travail de plus longue durée pour faciliter le passage à la résidence permanente.