Malgré sa victoire, Régis Labeaume a paru attristé de perdre trois femmes de son équipe, parmi lesquelles Maud Rusk, son ancienne employée de cabinet.

Labeaume vante son «équipe forte»

Le maire de Québec a gardé ses gros joueurs, mais gagné de l’opposition au conseil municipal. Réélu avec 55 % des votes, Régis Labeaume a qualifié le pire score populaire de sa carrière politique de «fantastique» tout en mettant l’accent sur son «équipe forte».

«Nous avons un mandat fort comme nous le recherchions», a déclaré le maire après avoir fait monter les candidats d’Équipe Labeaume sur scène avec lui pour le discours de la victoire. Seule Marie-France Trudel, qui a été battue après 12 ans comme conseillère municipale, ne s’est pas pointée. M. Labeaume attendait d’ailleurs l’issue du vote dans Saint-Thérèse-de-Lisieux pour prendre le micro, question de savoir quel genre d’opposition il allait avoir.

Le politicien élu pour une quatrième fois est finalement monté sur l’estrade vers 22h45, entouré de sa femme et de ses enfants, comme il en a pris l’habitude au fil de ses gains électoraux.

Poursuivant avec le style décontracté qu’il s’est donné au cours des dernières semaines, M. Labeaume a félicité ses adversaires et répété que c’était «un plaisir et un privilège» pour lui de diriger la Ville de Québec. «Nous sommes gonflés à bloc, motivés comme jamais», a-t-il assuré.

Après une campagne électorale orientée vers «le raffinement de la qualité de vie», M. Labeaume a parlé d’un seul projet dans son très court discours. Il a promis de mettre sur pied un système de transport «moderne, efficace et structurant». «Dès demain, nous allons nous remettre au travail pour améliorer la fluidité sur le réseau routier. Nous allons bâtir un projet pour et par les gens de Québec», a-t-il promis.

Lors de son élection en 2013, M. Labeaume avait décrit ainsi un «mandat fort» : un taux de participation de 50 % ou plus et au moins 65 % des votes. Si le premier critère est rempli, le second ne l’est pas. Qu’importe, le recul enregistré ne l’embête pas. «Après 10 ans, entre 50 et 60 %, pour moi, c’est fantastique. Ça fait quand même 10 ans, il ne faut pas oublier ça», a-t-il analysé en mêlée de presse.

Le maire n’a admis aucune faiblesse et n’avait pas de message particulier pour les électeurs qui lui ont fait défection. «On va gérer la ville pour tout le monde. Je ne vois aucune différence pour moi», a-t-il glissé. M. Labeaume n’a pas davantage réagi à la main tendue par le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. «Y’a pas de souci, on s’attendait à ça.»

La soirée a commencé sur les chapeaux de roue pour Équipe Labeaume. À peine une dizaine de minutes après la fermeture des bureaux de vote, les deux grands réseaux de télévision déclaraient Régis Labeaume élu. Il n’y avait même pas assez de candidats et de partisans réunis au Château Bonne Entente pour qu’il y ait des acclamations dignes de ce nom. Le ton a monté en même temps que l’assistance gonflait jusqu’à atteindre 250 personnes environ, les résultats préliminaires laissant présager la domination totale d’Équipe Labeaume.

Fin plus difficile

Mais la fin de soirée a été plus difficile qu’anticipée et quelques mines ont baissé en fin de parcours quand il est apparu clair que Maud Rusk (Cap-aux-Diamants), Nathalie Roy (Chute-Montmorency—Seigneurial) et même Marie-France Trudel (Sainte-Thérèse-de-Lisieux) n’allaient pas accéder au conseil municipal.

Nathalie Roy avait la défaite joyeuse, convaincue d’avoir «perdu honorablement». Répétant qu’elle n’avait «aucune ambition politique» avant de faire le saut avec Équipe Labeaume, l’entrepreneure s’est montrée surprise d’avoir autant appris et finalement apprécié son expérience. Au point où elle pourrait répondre favorablement à une offre venant d’un autre palier gouvernemental.

Mme Roy pense que le sujet du troisième lien routier Québec-Lévis a pu faire pencher la balance dans Beauport. «Les gens voulaient un positionnement franc», a-t-elle senti, mais étaient aussi avides de transport en commun. «Ça allait dans toutes les directions.»

La candidate a confié avoir le cœur brisé par la défaite par quelques voix de Marie-France Trudel, qui sollicitait un quatrième mandat. «J’aurais donné ma place pour qu’elle soit élue», a soupiré Mme Roy.