Le maire Labeaume ne veut pas taxer l'essence, mais la marijuana, «je serais beaucoup plus libéral», a-t-il dit.

Labeaume serait prêt à taxer la marijuana

Si jamais il en a un jour le pouvoir, Régis Labeaume sera pas mal moins gêné d'imposer une taxe sur la marijuana que sur l'essence.
«L'essence je ne veux pas, je trouve que c'est assez, mais la marijuana...» a laissé tomber le maire de Québec en marge d'une activité de son parti mercredi. «La marijuana, je serais beaucoup plus libéral.»
Il était questionné sur un reportage du Soleil faisant état de la ville de Denver au Colorado où une taxe de 3,5 % est perçue sur le cannabis depuis la légalisation de 2014. 
Régis Labeaume, contrairement à l'administration municipale de Montréal, a toujours catégoriquement refusé de se prévaloir de la taxe sur l'essence, estimant que les citoyens sont déjà assez taxés.
Cela dit, a poursuivi M. Labeaume, encore faudrait-il que le gouvernement laisse les villes percevoir une taxe, ce dont il doute, évoquant plutôt un mécanisme de redevance, comme il l'a fait au conseil de lundi. À Denver, la taxe n'est d'ailleurs pas la seule source de revenu, la ville percevant aussi des transferts de l'État.
En entrevue dans Le Soleil de mercredi, la directrice adjointe du bureau chargé des politiques encadrant la marijuana à Denver, Molly Duplechian expliquait que sur les 36,8 millions $ générés par les taxes prélevées sur les produits du pot en 2016, une bonne part, soit 9 millions$, a été consacrée à l'éducation et à l'application des règlements en lien avec la marijuana.
Une situation qui conforte Régis Labeaume dans ses craintes. Au conseil de lundi, il s'est en effet dit, tout comme d'autres maires au pays, inquiet des lourdes responsabilités qui tomberaient dans la cour des municipalités après la légalisation, prévue en juillet 2018. Le maire a évoqué l'aspect de sécurité, mais aussi de zonage ou de prévention. «Ce que dit l'article, et il était très instructif, c'est que ça coute de l'argent», a-t-il tranché.