Le maire Régis Labeaume a résumé le bilan de son équipe devant les médias, mardi matin.

Labeaume préoccupé par son poids politique

Régis Labeaume repart en campagne électorale préoccupé par son poids politique. Il espère se voir confier un «mandat fort» de la population pour l'appuyer dans ses demandes aux gouvernements supérieurs. C'est d'ailleurs pour éviter d'être perçu comme un «lame duck», un canard boiteux, qu'il évoque déjà la possibilité de se représenter aux élections de 2021.
«On va avoir des grosses, grosses demandes à faire au gouvernement, aux gouvernements au pluriel. Vous allez voir les projets qu'on va mettre sur la table, certains sont connus, ça va demander des centaines de millions de dollars», a-t-il prévenu en marge de la présentation de son bilan des quatre dernières années.
À lui seul, le réseau de transport en commun structurant encore à définir «va demander énormément d'argent» et nécessiter «un poids politique énorme», a insisté le maire, qui ambitionne toujours de faire subventionner le projet à 100 % par Québec et Ottawa. «Si je n'ai pas de poids politique, ça va être plus compliqué», est-il convaincu. D'autant qu'il a dans ses cartons d'autres projets d'aménagement à financer. 
M. Labeaume tient à rassurer les citoyens qui seraient tentés de favoriser l'opposition pour prévenir des dérives. «Il n'y a pas de danger à donner un mandat fort et à donner du poids politique à une organisation qui est honnête. L'opposition, vous savez ce que c'est à Québec, il n'en manque pas. Il y en a tout le tour de nous autres, le matin, le soir. Je regarde dans les dernières années, s'il y a des choses qui ont sorti, ça a toujours sorti dans les médias», a-t-il expliqué. «Je pense qu'on pourra jamais faire de coche mal taillée sans que personne le sache.»
Le maire de Québec fait aussi une distinction entre un gouvernement municipal, qui selon lui peut gouverner sans opposition au conseil, et les gouvernements provincial et fédéral, qui eux doivent être surveillés par des partis concurrents. De là à dire combien de conseillers municipaux il compte faire élire, «on va se garder une petite gêne», a-t-il dit. 
L'élu sortant a commenté la proposition de ses adversaires de limiter à deux le nombre de mandats à la mairie de Québec. «Ça revient souvent dans les élections, des gens qui ne sont pas élus disent qu'il faudrait limiter ça à deux mandats. Moi, mon principe, ça a toujours été de laisser la population choisir», a-t-il réagi. 
M. Labeaume a aussi justifié la sortie qui a donné lieu à cette levée de boucliers, soit sa déclaration à l'effet qu'il pourrait solliciter encore plusieurs mandats à la tête de la Ville de Québec. 
«Je l'ai fait pertinemment, car négocier avec des gouvernements ou avec des partenaires quand les gens savent que tu ne reviendras pas et que c'est ton dernier mandat, on perd son poids politique. On devient ce qu'on appelle en anglais un lame duck ["canard boiteux"]. Et ça, c'est mauvais. J'ai senti le besoin hier [lundi] d'être bien bien clair au risque d'être arrogant», a-t-il développé, donnant l'exemple des présidents américains en fin de deuxième mandat. 
Coiffant son chapeau de président d'Équipe Labeaume, le maire a présenté mardi un bilan avantageux de ses quatre dernières années aux commandes de la Ville de Québec. Régis Labeaume considère avoir fait «bon usage» du mandat fort reçu de la population en 2013. 
Il a notamment cité la réforme des régimes de retraite des employés municipaux, le gel des taxes résidentielles, le développement économique, les reconnaissances touristiques et dressé une longue liste d'équipements sportifs et communautaires construits ou réaménagés dans les différents arrondissements. 
Prévoyant les coups, il a concédé que la dette a augmenté, mais répété qu'elle avait commencé à baisser et continuerait de le faire. «Pour nous, il est préférable d'avoir une dette chiffrée dans les livres qu'une dette inconnue sous les rues qui peut éclater à n'importe quel moment», a-t-il déclaré, mettant l'accent sur la réfection des infrastructures. 
Au final, Équipe Labeaume calcule que 75 % de ses promesses électorales ont été réalisées ou sont en voie de l'être. En ajoutant les projets déjà inscrits au programme triennal d'immobilisations, donc programmés pour une réalisation dans les trois ans, le pourcentage grimpe à 90 %, a fait valoir le maire, répondant à toutes les questions entouré de ses conseillers municipaux.