Régis Labeaume dit avoir choisi de présenter son bilan financier avant le déclenchement de la campagne électorale pour désamorcer les questions sur les finances publiques.

Labeaume dresse son bilan financier à une semaine de la campagne électorale

À une semaine du déclenchement officiel de la campagne électorale, le maire de Québec a présenté jeudi un «bilan financier» de ses années au pouvoir, flanqué de deux hauts fonctionnaires. Régis Labeaume a dit procéder ainsi pour désamorcer les questions sur les finances publiques. Peine perdue, l'opposition a sauté sur l'occasion pour critiquer sa gestion.
«Une gestion rigoureuse, des résultats exceptionnels», titrait le communiqué de presse diffusé après la présentation d'une marée de chiffres par le vice-président du comité exécutif responsable des finances.
Jonatan Julien a notamment fait valoir que la Ville emprunte moins qu'en 2008 pour financer ses infrastructures, profite au maximum des subventions offertes par les gouvernements supérieurs et paie une plus grande partie de ses investissements en argent comptant. 
Le conseiller municipal a souligné que la dette, en augmentation depuis le début de la période, a commencé à baisser en 2016 et continuera de le faire lentement pour les 10 prochaines années. Néanmoins, en 2027, elle continuera d'être légèrement supérieure au niveau de 2008. 
Quant aux taxes résidentielles, l'administration Labeaume met l'accent sur le fait que la hausse cumulative depuis 2008 (16,79 % en 2017) est moindre que dans les autres grandes villes de la province (moyenne de 25,88 % à Montréal, Laval, Longueuil, Gatineau, Trois-Rivières, Saguenay et Sherbrooke). 
Enfin, le bras droit du maire s'est affairé à démontrer que l'augmentation des dépenses était attribuable principalement à la croissance de la ville, au paiement comptant des immobilisations et à la création d'une réserve financière. 
«Éviter la confusion»
Tout au long de sa présentation, M. Julien s'est fait couper la parole par le maire Labeaume, qui voulait tantôt donner du contexte, tantôt répliquer aux accusations de ses détracteurs. Exemple : «Ceux qui disent qu'on paie cher de taxes à Québec, c'est faux. Ailleurs, c'est 50 % de plus.» 
Interrogé sur le moment choisi pour mettre de l'avant son bilan financier, le maire Labeaume n'y voyait pas de problème. «Comme j'aurais eu des questions pendant les deux prochains mois, on met ça clair avant la période électorale. [...] C'est pas électoraliste, c'est ça les chiffres. Qu'ils soient maintenant ou après, ça donne ça», a-t-il répondu. 
Rappelant qu'en 2013, une sortie avec des hauts fonctionnaires pendant la campagne électorale lui avait attiré les foudres de Démocratie Québec, le maire a dit agir en amont pour «éviter la confusion des genres». 
La chef de l'opposition, Anne Guérette, n'a visiblement pas été convaincue. «Il fait des points de presse pour essayer de faire croire au monde qu'il gère bien sa ville. C'est pas vrai. Si elle avait été bien gérée, notre dette ne serait pas aussi élevée et nos comptes de taxes non plus», a martelé la dernière représentante de Démocratie Québec au conseil municipal, ajoutant que «l'argent est dépensé de façon improvisée, irréfléchie» à Québec. 
Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a affirmé en point de presse qu'il n'avait pas pris connaissance du bilan financier déposé par le maire de Québec. «Ce que je sais cependant, c'est que quand Régis Labeaume a pris le pouvoir, le budget de la Ville était de 1 milliard $. Il est maintenant de 1,5 milliard $, les taxes ont augmenté mais les services de proximité n'ont pas augmenté », a-t-il déploré.  Avec Ian Bussières