Dès dimanche soir, 200 policiers municipaux et 75 agents de la Sûreté du Québec étaient à pied d'oeuvre pour sécuriser le site de la tragédie, recueillir les témoignages des victimes et autres spectateurs de la tuerie.

Labeaume craint pour l'image de Québec

Ville réputée sécuritaire et fière de l'être, Québec se retrouve sous haute surveillance policière après l'attentat ayant fait six morts et plusieurs blessés dans une mosquée. Le maire Régis Labeaume craint les répercussions sur l'image de la capitale québécoise.
Dès dimanche soir, 200 policiers municipaux et 75 agents de la Sûreté du Québec étaient à pied d'oeuvre pour sécuriser le site de la tragédie, recueillir les témoignages des victimes et autres spectateurs de la tuerie.
Leur nombre n'a pas diminué lundi alors que l'enquête se poursuivait et qu'une surveillance particulière était requise autour des mosquées et sur les terrains de l'Université Laval. Au centre-ville, autour de l'hôtel de ville de Québec et du parlement, les voitures de police étaient aussi garées de façon à être très visibles. 
Il y a quelques jours à peine, Régis Labeaume vantait le caractère sécuritaire de Québec, qui a déjà passé près de deux ans sans meurtre sur son territoire. 
«Imaginez comment on se sent aujourd'hui», a lancé le maire de Québec. «C'est l'image de la ville à l'international. On a battu des records de tourisme dans les derniers mois. On est dans beaucoup de palmarès et là, ça s'abat sur nous», a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse visant à montrer aux représentants musulmans le soutien des élus de toutes les allégeances politiques.
La conférence de presse, émouvante, a été l'occasion de souligner l'importance de vivre en harmonie dans la diversité. Une qualité de vie et une quiétude propres à la capitale qui n'a pas l'intention d'abandonner ses valeurs devant l'intolérance, ont dit en substance les intervenants au micro. 
Mais cet immuable sentiment de sécurité semble maintenant fissuré. «La semaine dernière, il y a eu ici une rencontre des responsables de la sécurité de partout au Québec», a relaté le maire. «J'ai dit qu'on était probablement sur la planète le lieu le plus sécuritaire. Là, ça nous frappe comme un train. Comment se fait-il que ça arrive à Québec? C'est peut-être un peu prétentieux de le dire, mais quand on connaît qui on est, comment on vit, c'est quand même étonnant», a-t-il commenté, incrédule.
À ses côtés, le premier ministre Philippe Couillard a refusé d'envisager l'idée de représailles à Québec ou au Québec de la part d'islamistes radicaux, mais a assuré que «les forces policières ont ça à l'esprit et ce n'est pas pour rien que les mesures de sécurité ont été rehaussées un peu partout». 
Menace «sous contrôle»
Les policiers eux-mêmes ont déclaré que la menace est considérée comme «sous contrôle» après l'arrestation du suspect principal. La surveillance policière a été ajustée au risque partout au pays, a ajouté le surintendant Martin Plante, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), sans pour autant qualifier ce risque. 
L'inspecteur Marco Mercier, du Service de police de la Ville de Québec, a répété en fin de journée que les policiers municipaux étaient déployés aux quatre coins du territoire pour assurer la sécurité des citoyens et des visiteurs. Il a souligné que tous les agents étaient «outillés, formés et prêts à faire face à la menace, à toute éventualité d'envergure», notamment la possibilité d'affronter un «tireur actif» comme la veille. 
La Sûreté du Québec a spécifié que la surveillance policière s'étendait aux réseaux sociaux. Sa porte-parole, Martine Asselin, a invité les citoyens à la prudence quant aux commentaires qui peuvent être formulés sur le dossier. «Souvent, derrière le clavier, l'inhibition tombe. Personne n'est à l'abri de commentaires qui pourraient s'apparenter à des actes criminels comme des menaces ou de l'intimidation», a-t-elle détaillé.