Le maire Régis Labeaume confesse avoir été le premier surpris lorsqu'on lui a dévoilé, juste avant les Fêtes, que le tramway se rendrait jusqu'à l'avenue Le Gendre dans l'ouest de la ville.

Labeaume au Soleil: les surprises du projet de tramway

Faire rouler le tramway jusqu’à l’avenue Le Gendre dans l’ouest de la ville? Le maire de Québec confesse qu’il en a été le premier surpris et que les vacances des Fêtes ont été nécessaires pour qu’il s’habitue à l’idée.

«Je vais vous avouer que je l’avais pas vu venir. J’attendais pas cette balle-là. C’est comme une curve que j’attendais pas. C’était trop nouveau pour moi. On arrêtait toujours à la même place sur [le boulevard] Laurier» dans les projets précédents, raconte Régis Labeaume.

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La nouvelle lui est tombée dessus le 21 décembre. Ce jour-là, à sa demande, les dirigeants du bureau d’études sur le réseau structurant de transport en commun (RSTC) lui dévoilaient le plan en préparation depuis des mois. «On s’est pas vus de l’automne. Ils ont fait exprès parce qu’ils voulaient finir la job pour me le présenter une fois fini. Je leur ai dit : “Ne me laissez pas partir aux Fêtes, ça m’énerve, je veux savoir.” Et là, j’ai été surpris», rigole le maire, en entrevue éditoriale avec Le Soleil, mercredi. 

Le grand patron s’est finalement laissé convaincre par les statistiques sur le nombre de déplacements enregistrés dans cette partie de la ville — 20 000 à la pointe du matin —, par le besoin d’espace pour le centre d’entretien des rames de tramway et par la possibilité de tester les technologies en situation réelle sans déranger les voisins. 

L’air grave, dans son bureau de l’hôtel de ville, M. Labeaume ajoute que cette percée vers l’ouest a l’avantage de desservir des quartiers moins favorisés qui longent le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard Pie-XII. «C’est pas des millionnaires qui restent là, note-t-il. C’est socialement une maudite bonne affaire.»

«On s'est fait plaisir»

À l’autre bout du parcours, à Charlesbourg, l’administration Labeaume était cependant prête à foncer vers les banlieues. «Un tramway qui se rend au Trait-Carré, c’est gros. Celle-là, on s’est fait plaisir. Et elle est là la clientèle. Il y a beaucoup de rabattement», dit le chef. 

Autre grosse surprise pour lui : l’accueil unanimement positif réservé aux stationnements incitatifs. Il est en effet prévu que le nombre de cases dans les Parc-O-Bus passe de 1000 à 6000 d’ici 2026. «Je pensais pas que les Parc-O-Bus allaient pogner tant que ça. Honnêtement. […] J’avais pas compris comment ça peut être important pour le monde», admet M. Labeaume. 

Les stationnements incitatifs sont aménagés pour que les automobilistes des banlieues puissent garer leur véhicule, puis sauter dans le tramway ou le trambus pour gagner les quartiers centraux. «Tu t’assois bien confortablement et t’arrêtes jamais à part des stations parce que t’as un feu vert protégé», décrit l’élu municipal, bon vendeur. 

«Ma prédiction à moi, c’est qu’il va falloir agrandir les Parc-O-Bus assez rapidement. Ce que je suis en train de comprendre, c’est que ça va marcher au boutte», s’enthousiasme-t-il, non sans souligner que le retrait de véhicules de la route bénéficiera autant aux automobilistes qu’aux usagers du transport en commun. 

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SONDAGE BIEN REÇU

Le maire Régis Labeaume et le ministre des Transports du Québec, André Fortin, ont accueilli positivement le tout nouveau sondage SOM réalisé pour le FM93 révélant que 56 % des répondants sont en faveur du futur tramway et 35 % en défaveur. Le maire Labeaume a surtout retenu que 42 % des 1431 citoyens de Québec sondés en ligne comptaient embarquer régulièrement dans le tramway. Il y voit un signe d’appropriation du projet. Le ministre Fortin s’est aussi réjoui qu’«une partie de la population qui n’est pas usager voie le potentiel que ça peut avoir». Jean-François Gosselin, chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, a plutôt souligné que 56 % des Québécois sont d’accord avec l’idée d’un référendum, dont il fait la promotion activement.  Annie Morin et Patricia Cloutier

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EXPROPRIATIONS: 18 RÉSIDENCES CIBLÉES

Le déploiement du tramway force la Ville à faire des expropriations. Le maire de Québec confirme que 18 terrains avec résidence privée ont été ciblés dans leur totalité le long des 23 kilomètres du parcours à des endroits où il y a moins d’espace pour faire passer le tram. Mais il s’agit surtout d’accaparer les terrains nécessaires pour les 60 stations prévues sur la ligne qui s’étend du Trait-Carré à Charlesbourg à l’avenue Le Gendre à Cap-Rouge. Régis Labeaume refuse actuellement de parler de démolition puisque les stations pourraient être aménagés à même les bâtiments déjà construits. La Ville devra aussi agrandir son emprise sur certaines portions de terrains privés pour y faire des aménagements liés au passage du tram. Pour l’instant, aucun commerce n’est visé par une expropriation.  Jean-François Néron

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BUS ET TRAMBUS AUSSI SOUS TERRE

Le pôle d’échanges de Sainte-Foy ouest, situé où sera construit Le Phare de Cominar, n’accueillera pas sous terre que le tramway. Celui-ci empruntera un tunnel réservé de 0,9 kilomètre entre les boulevards Laurier et Hochelaga. Pour faciliter les échanges entre les différents systèmes de transport, les autobus de la rive-sud et les trambus entreront sur l’avenue Lavigerie par une voie d’accès souterraine [une trémie]. Le boulevard Hochelaga sera aussi élargi. Régis Labeaume compare le projet à l’aménagement de la Place Ville-Marie à Montréal. Avec ces améliorations routières, il croit ainsi avoir réglé le dossier de la circulation dans le secteur Sainte-Foy. Jean-François Néron