La basilique-cathédrale Notre-Dame est notamment visée par le programme.

Labeaume appelle Porter à la rescousse pour les églises

S’il est reporté au pouvoir le 5 novembre, Régis Labeaume confiera à John R. Porter la responsabilité d’un comité pour trouver de nouvelles vocations aux églises patrimoniales de Québec et distribuer les 30 millions $ qui leur sont réservés. L’appelé se défend de s’immiscer dans la campagne électorale : «Je suis ici au nom du parti du patrimoine.»

Le maire sortant a convoqué la presse vendredi midi aux abords de l’église Saint-Sauveur, à deux pas de son clocher démonté. Il a expliqué que la Ville de Québec était très sollicitée par les fabriques des paroisses de tout le territoire, qui souhaitent profiter du programme de subventions de 30 millions $ sur dix ans financé à parts égales par le municipal et le provincial.

Huit églises sont visées par le programme (la basilique-cathédrale Notre-Dame, la cathédrale Holy Trinity, les églises La Nativité de Notre-Dame, Saint-Charles-Borromée, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch, Saint-Charles-de-Limoilou et Saint-Sauveur) et il n’est pas question de l’élargir, a bien fait savoir M. Labeaume. 

Ce dernier souhaite néanmoins avoir de l’aide pour étudier le «carnet de santé» des bénéficiaires, prioriser les investissements et explorer de nouvelles vocations pour les églises inoccupées. «Il faut balancer les besoins. Il y a sûrement des urgences et des cas où il faudra investir, mais il ne faut pas aller dans le farfelu», a-t-il prévenu.

«Dans le domaine du patrimoine, il faut arriver à un moment donné à faire des choix et en même temps des choix à l’enseigne de l’équilibre parce que tout n’est pas d’une valeur égale», a opiné M. Porter, qui a été aux commandes du Musée national des beaux-arts du Québec pendant 15 ans en plus de piloter son agrandissement. 

Ce dernier veut s’entourer de spécialistes de l’immobilier, du patrimoine, du tourisme, d’architectes et d’urbanistes. Il entend déposer des propositions concrètes et précises si son mandat se concrétise. «La dernière chose que je vais vouloir faire avec mes collaborateurs et collaboratrices éventuels, c’est y aller suivant une problématique de pompier et d’urgence. Non, non, il va falloir être capable de s’inscrire dans le temps long.»

Questionné sur sa présence aux côtés du maire pour une annonce à saveur partisane, M. Porter a affirmé qu’il ne voulait «d’aucune manière» se mêler de la campagne électorale en cours. «Je n’ai jamais refusé une invitation à Québec ou ailleurs au Québec», a-t-il fait valoir, se disant prêt à piloter le même dossier pour tout parti qui le lui demanderait. 

«Je n’ai aucun intérêt, hormis de servir le patrimoine de ma ville», a insisté le spécialiste des églises, dont la mission serait bénévole.