«Ça nous prend des spécialistes qui ont déjà construit ou des chemins de fer, ou des SLR (systèmes légers sur rail) ou des tramways. Des gens qui ont travaillé pour des organisations de niveau international», a indiqué mardi le maire de Québec, Régis Labeaume.

Labeaume à la recherche d’un expert du rail

Le maire de Québec est déjà à la recherche d’un spécialiste du rail pour piloter le comité directeur du projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC). Régis Labeaume imagine pour le tramway une gouvernance semblable à celle de l’amphithéâtre afin que la construction se fasse à l’intérieur des délais et des budgets prévus.

«Si on a eu du succès dans l’amphithéâtre, c’est parce qu’on avait une excellente gouvernance. [Je veux] m’entourer de gens qui ont déjà bâti ce genre d’infrastructures [de transport collectif]. Il n’en pleut pas au pays. Et en même temps, le problème qu’on a, c’est que tout le monde a son projet actuellement» donc la main-d’œuvre qualifiée est courtisée par plusieurs villes en même temps, a expliqué le maire Labeaume, mardi, en mêlée de presse.

M. Labeaume affirme avoir «déjà eu des rencontres avec des gens qui ont eu des hauts postes dans des grosses entreprises de niveau mondial, qui ont déjà travaillé dans ce genre de projet» et il prévoit en tenir d’autres prochainement à Montréal. Il lorgne notamment des anciens de Bombardier ou des Européens qui ont déjà construit des tramways.

«Dans le projet de l’amphithéâtre, si on a été 10, 15% en bas du coût, c’est parce qu’on avait un excellent système de gouvernance et le propriétaire était bien représenté, le propriétaire étant la Ville. On intervient dans les rues de Québec, c’est pas des étrangers qui vont savoir exactement ce qui se passe au coin de la 1ere et de la 4e Rue. C’est surtout nos employés. Mais en même temps, ça nous prend des spécialistes qui ont déjà construit ou des chemins de fer, ou des SLR (systèmes légers sur rail) ou des tramways. Des gens qui ont travaillé pour des organisations de niveau international», a fait valoir le maire de Québec.

Dans son esprit, le président du comité directeur doit, de par son expérience et ses connaissances, «challenger continuellement les gestionnaires» du projet à l’étape de la réalisation. Pour l’amphithéâtre, c’est l’ingénieur Jean-Guy René, un ancien de la Baie James, qui avait joué ce rôle.

Le reste du comité rassemblera «des experts techniques, des spécialistes en génie de toutes sortes, des gens qui ont géré des gros budgets», des représentants de la Ville de Québec et de la Société québécoise des infrastructures, laquelle veille aux intérêts du gouvernement du Québec.

Pour le reste, le maire a demandé aux commerçants qui craignent que le tramway n’affecte leur chiffre d’affaires d’être patients.

«Certains ont des inquiétudes, c’est normal. On va leur répondre. On va rencontrer probablement individuellement chaque commerçant, un après l’autre, mais encore faut-il avoir quelque chose à leur dire», a-t-il indiqué. Le but est de leur exposer l’échéancier, les travaux à réaliser et les impacts sur leur commerce «quand on aura les réponses».

«Je vous rappelle qu’on a annoncé le projet ça fait deux semaines, on commence pas la construction avant trois ans et que le projet va durer huit ans», a martelé M. Labeaume.

Selon lui, les échos ne sont pas que négatifs du côté des commerçants. Certains «sont en train de s’apercevoir la manne que peut apporter le réseau structurant en terme de nouveaux clients», se réjouit l’élu.