La presse aura droit à un rendez-vous mensuel sur les étapes franchies du projet de réseau structurant de transport en commun et les résidents pourront suivre l’évolution du projet sur le Web.

La Ville de Québec veut soustraire le projet de tramway à une enquête du BAPE

La Ville de Québec estime que le ministère de l’Environnement doit exclure le projet de tramway d’un processus d’analyse environnemental pour éviter les délais dans la réalisation du projet.

Le vice-président du comité exécutif, Rémy Normand, aussi président du Réseau de transport de la capitale (RTC), explique que la Ville soumettra son projet au ministère dans une volonté d’être «exemplaire». Cependant, il espère que les fonctionnaires du ministère accepteront de passer outre un processus d’analyse environnementale, un processus considéré comme lourd et complexe.

«Nous pensons, comme le maire l’a souvent dit, que le projet avait déjà reçu l’aval du gouvernement du Québec, avant l’entrée en vigueur à la fin mars 2018 d’une nouvelle directive qui obligerait le projet à passer par ce processus», a fait savoir M. Normand. Jusqu’à présent, la Ville a reçu une fin de non-recevoir à sa demande.

«Nous pensons que le tramway génère plus d’impacts positifs que négatifs sur l’environnement comme l’amélioration du climat sonore et la diminution des gaz à effet de serre parce que le tramway est tout électrique», ajoute l’élu.

Les écolos appuient

Des organismes à vocation environnementale comme Vivre en ville, Accès transports viables et le Conseil régional de l’environnement appuient la demande de la Ville.

Une lettre envoyée en novembre à l’ex-ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, fait état de leur requête. «On souhaite que les choses aillent rondement. Le processus environnemental peut-être long et fastidieux», soutient le directeur général du Conseil régional de l’environnement, Alexandre Turgeon, ajoutant qu’une douzaine de ministères peuvent être impliqués dans ce genre de processus.

«Nous, on pense que les fonctionnaires qui ont rédigé le nouveau règlement avaient prévu comme seule exception le Réseau express métropolitain [qui a été exclu du processus] à Montréal, mais ils avaient oublié le Tramway à Québec.»

Il ajoute que l’exclusion demandée ne soustrait pas la Ville à demander des certificats d’autorisation pour certains aspects du projet structurant de transport en commun. Par exemple, s’il faut traverser une rivière ou des milieux humides et de faire connaître quelles sont les mesures mises de l’avant pour atténuer certains effets qui pourraient être négatifs. Des demandes qui pourraient être faites à la pièce et qui pourraient obtenir l’aval du ministère beaucoup plus rapidement.

«Ce n’est pas parce que le projet comprend un tramway que c’est plus catastrophique au plan environnemental, au contraire», renchérit le DG.

M. Normand demeure prudent dans ses commentaires. «Nous faisons une demande au ministère, mais nous respecterons leurs demandes, qu’il s’agisse d’une analyse environnementale ou d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Idéalement, nous voudrions que ça se fasse en parallèle à l’implantation pour éviter les délais», insiste-t-il.

Le président du RTC confirme que le maire de Québec a rencontré la semaine dernière le nouveau ministre de l’Environnement, Benoit Charrette. Comme quoi, il y aura aussi des discussions entre élus sur l’interprétation à donner à la nouvelle directive pour savoir s’il faut ou non soustraire le projet de tramway à l’analyse environnementale que réclament les fonctionnaires provinciaux.

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DES SUIVIS CHAQUE MOIS AVEC LES MÉDIAS

Longtemps blâmée par l’opposition officielle et plusieurs citoyens de ne pas suffisamment informer la population sur le projet de réseau structurant de transport en commun, la Ville de Québec passe en mode communication. La presse aura droit à un rendez-vous mensuel sur les étapes franchies et les résidents pourront suivre l’évolution du projet sur le Web.

À la première rencontre tenue, lundi, les médias ont eu droit à une genèse du projet depuis ses balbutiements en 2009 et un résumé des «5200 pages d’études» faites à ce jour. 

Le président du Réseau de transport de la capitale, Rémy Normand, ne l’a jamais dit. Cependant, il est clair que cette offensive est une forme de réponse à l’opposition officielle qui remet en cause la légitimité du projet de tramway. Il y a une semaine, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, accusait encore l’administration Labeaume d’avoir réalisé le projet sur «un coin de table». 

Pour l’occasion, la Ville a sorti les nombreuses études réalisées lors des projets antérieurs, notamment celle de 2012 à 2015 sur le défunt Tramway-SRB. Le tramway devait alors circuler sur le boulevard Charest.

Le directeur de la conception du tramway et du trambus, Benoit Carrier, explique que les données techniques d’ingénierie déjà recueillies par le passé ont servi à l’élaboration du projet actuel de 3 milliards $, en les adaptant au nouveau tracé, tout en actualisant les coûts.

Des propos soutenus par M. Normand qui a réaffirmé que, malgré les critiques, beaucoup de travail avait été abattu depuis 10 ans avant l’annonce du projet de tramway au printemps 2018.

Cette année marque le lancement officiel du projet avec l’octroi des premiers contrats pour les plans et devis et certaines analyses comme : le patrimoine archéologique, l’évaluation du patrimoine bâti, la foresterie urbaine, le climat sonore et l’étude géotechnique.

Les documents qui ont servi à l’implantation du réseau choisi seront disponibles sur le site Internet déjà en ligne : reseaustructurant.info