Un groupe de citoyens ne comprend pas pourquoi le promoteur souhaite construire un aérodrome à deux km de l'Aéroport Jean-Lesage, où les aéronefs privés peuvent pourtant atterrir.

La Ville de Québec s'oppose au projet de piste d'atterrissage privée 

Après la Ville de l'Ancienne-Lorette la semaine dernière, la Ville de Québec a ajouté sa voix au concert d'opposition au projet de piste d'atterrissage privée du pilote amateur Dave Picard sur une terre agricole située près de la route Jean-Gauvin.
Lors de l'assembée du conseil de quartier de l'Aéroport mardi soir, le président Réjean Martel a lu une lettre que la Ville de Québec a fait parvenir à Dave Picard. Marie-France Loiseau, directrice du Service de la planification et de la coordination en aménagement du territoire, y déclare que la Ville de Québec se prononce contre le projet et que cette lettre sera transmise au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.
Mme Loiseau souligne que la réglementation ne permet pas l'établissement d'un aérodrome sur le terrain visé et que le promoteur devra aussi obtenir l'autorisation de la Commission de protection du territoire agricole. 
Elle ajoute également que la présence d'un ruisseau dans le secteur et la nécessité d'abattre 5000 m2 de bois pour réaliser le projet sont d'autres éléments qui viennent appuyer la position de la Ville. La politique de protection des rives et du littéral et la réglementation municipale sur l'abattage ne permettraient en effet pas un tel usage.
Même s'il s'est dit content qu'une trentaine de personnes intéressées par le dossier se soient déplacées mardi soir, le président du conseil de quartier a toutefois tenu à les mettre en garde à l'effet que le non de la Ville de Québec ne signifiait pas la mort du projet.
«Malheureusement, on sait que le gouvernement fédéral peut imposer un projet comme celui-là, même si selon moi, je ne pense pas qu'un aérodrome ait sa place en milieu agricole. Surtout que si on en construit un, ensuite il peut y en avoir deux ou trois», a-t-il commenté peu avant que le conseil de quartier se prononce à l'unanimité contre le projet.
Pétition
Un groupe de citoyens mené par Éric Pinet a expliqué au conseil de quartier qu'une pétition qui regroupait mardi soir déjà plus de 500 signatures circulait afin de démontrer que le projet ne recueillait pas l'acceptabilité sociale.
«Depuis que la loi a été modifiée en janvier 2017, les promoteurs d'aérodromes doivent faire un avis public et la population a 45 jours pour réagir. Nous allons donc transmettre cette pétition à Transports Canada d'ici le 15 septembre. C'est un peu un test, on verra alors si le ministère tient compte des doléances de la population depuis que la loi a changé», a expliqué M. Pinet au Soleil.
Celui-ci s'inquiète de l'impact de la construction d'un aérodrome sur l'environnement, de l'augmentation du bruit dans le secteur, des conflits juridiques possibles et de la sécurité des résidents alors que plusieurs bâtiments se trouvent dans l'alignement de la piste projetée.
«Depuis 2012, on a noté quatre accidents à l'aérodrome de Neuville, dont un écrasement, et ce sans compter les incidents liés à l'altitude des avions», poursuit M. Pinet.
Ce dernier ne comprend d'ailleurs pas pourquoi le promoteur souhaite construire un aérodrome à deux km de l'Aéroport Jean-Lesage, où les aéronefs privés peuvent pourtant atterrir. L'Aéroport Jean-Lesage ne s'est d'ailleurs pas opposé au projet de Dave Picard.
«Si ce projet est accepté, ça créera un dangereux précédent en zone agricole périurbaine. Ce serait une brèche dans la loi, un précédent. Un promoteur qui serait un pilote pourrait passer outre la loi de protection du territoire agricole pour aménager un aérodrome», indique M. Pinet.