Au fil des dernières années, la centrale de police du parc Victoria, construite en 1964, a fait la manchette à bien des reprises. Il y a eu la présence de rats et plusieurs sorties publiques du syndicat concernant le manque de fonctionnalité et de sécurité des lieux.
Au fil des dernières années, la centrale de police du parc Victoria, construite en 1964, a fait la manchette à bien des reprises. Il y a eu la présence de rats et plusieurs sorties publiques du syndicat concernant le manque de fonctionnalité et de sécurité des lieux.

La Ville de Québec rebâtira une centrale de police au parc Victoria

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Valérie Gaudreau
Valérie Gaudreau
Rédactrice en chef
La Ville de Québec investira 85,2 millions $ d'ici 2018 pour la construction d'un poste de police, incluant la cour municipale, sur l'actuel emplacement du parc Victoria. Une annonce accueillie favorablement par le syndicat des policiers, qui dénonce depuis longtemps la désuétude des lieux.
«Le projet vise la démolition du bâtiment ainsi que la relocalisation de ses activités dans une nouvelle construction sur le même site», peut-on lire dans le programme triennal d'immobilisations (PTI), présenté lundi. L'édifice sera construit sur la portion sud-est du stationnement arrière de la centrale, à l'angle des rues Simon-Napoléon-Parent et Cardinal-Maurice-Roy.
Les plans et devis sont prévus dès 2014 au coût de 5,6 millions $. Les sommes de 30,6 millions $ sont prévues en 2015, et 24 millions $ en 2016. La dernière tranche de 25 millions $ sera budgétée en 2017.
Une centrale de police ne s'érige pas comme un simple édifice de bureaux. Notamment, il y a de hauts critères de sécurité à respecter, par exemple parce qu'il faut aménager des cellules. «C'est quand même complexe, il y a plein de normes», a dit M. Labeaume à propos du futur bâtiment. Le maire reconnaît que la centrale est complètement désuète. Ultimement, elle va être rasée. «Il n'y a rien à faire avec ça», a-t-il tranché.
Bien que le plan de reconstruction de la centrale sur l'emplacement du parc Victoria est écrit noir sur blanc dans le document du PTI, Régis Labeaume est resté prudent, lundi.
«C'est le scénario qui est envisagé, mais on veut juste faire des vérifications. On ne peut pas confirmer totalement aujourd'hui, mais c'est ça qui est plausible, a dit le maire en conférence de presse. Donnez-nous une petite chance», a-t-il lancé à l'intention des journalistes.
D'autres emplacements ont été analysés, même en banlieue, a toutefois confirmé M. Labeaume. «Ce n'est pas seulement une question immobilière. Le plus haut taux de criminalité est dans le centre-ville. On essaie de faire en sorte que les services soient proches des "clients", et ça fait partie des évaluations. Il y a toutes sortes de paramètres.»
De «bon augure»
«J'ai des articles de journaux de 2001 où la mairesse Andrée Boucher disait que c'est un trou», a pour sa part lancé le président de la Fraternité des policiers, Bernard Lerhe, pour illustrer à quel point une annonce était attendue. «Mais avant de me réjouir, je vais attendre de voir la première pelletée de terre», a-t-il ajouté, précisant que l'argent est toujours seulement sur papier. Cependant, il croit de «bon augure» le fait que le maire Labeaume commente le dossier publiquement.
Au fil des dernières années, le vieux bâtiment construit en 1964 a fait la manchette à bien des reprises. Il y a eu la présence de rats et plusieurs sorties publiques du syndicat concernant le manque de fonctionnalité et de sécurité des lieux.
Au printemps, la Ville de Québec a autorisé la location de locaux dans un bâtiment de la rue Saint-Sacrement parce que l'édifice devenait trop étroit. Une facture annuelle de plus de 325 000 $ pendant cinq ans. Au départ, l'équipe des crimes majeurs devait occuper les lieux temporairement. Finalement, ce sont les enquêteurs d'arrondissement qui devraient y déménager en 2014.
M. Lerhe se dit content d'apprendre que la centrale demeure au même endroit, le meilleur selon lui. «Ça ne fait pas de doute que le parc est bien situé. Il est près des quartiers centraux et l'accès au réseau autoroutier est facile. Le temps-réponse est un facteur clé quand on intervient.»
Le président est surtout heureux pour ses collègues de l'identité judiciaire, qui peinent parfois, selon lui, à faire certaines analyses. «Les enquêteurs avaient hâte d'avoir des équipements du XXIe siècle avec des espaces modernes. Par exemple, il faut des salles plus ventilées pour faire des tests sur des indices recueillis sur des scènes de crime. Présentement, c'est compliqué.»
Il se dit aussi satisfait que la cour municipale et la centrale seront sous un même toit. «Ça facilite les déplacements de détenus», a-t-il précisé. Enfin, il espère que sera renforcée la sécurité à l'entrée de la centrale. Actuellement, tout citoyen entre dans la centrale en empruntant la même entrée, que ce soit pour se rendre payer un billet d'infraction, comparaître devant la cour ou déposer une plainte.