La Ville a annoncé vendredi l’information révélée par Le Soleil en septembre dernier. À ce moment, la vice-présidente du comité exécutif, responsable de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, Marie-Josée Savard, confiait plancher sur un projet de règlement.

La Ville de Québec autorise les potagers en façade

Les pouces verts passeront un bel été. La Ville autorise finalement les potagers en cours avant pour favoriser l’agriculture urbaine.

La Ville a annoncé vendredi l’information révélée par Le Soleil en septembre dernier. À ce moment, la vice-présidente du comité exécutif, responsable de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, Marie-Josée Savard, confiait plancher sur un projet de règlement. 

Le changement au Schéma d’aménagement et de développement (SAD) autorise désormais l’agriculture partout à l’intérieur du périmètre d’urbanisation. «Ainsi, nous répondons à des besoins exprimés par les citoyens. Plusieurs projets pourront être réalisés en cour avant, là où il y a parfois plus d’espace et de soleil», a commenté Mme Savard au Soleil. 

Les jardiniers devront respecter certaines règles d’aménagement. Ainsi, les potagers devront être à une distance minimale de 0,5 mètre d’un trottoir, d’une bordure de rue, d’une piste cyclable ou d’une ligne latérale de lot.

La superficie autorisée des potagers est établie en fonction de la surface de la cour avant. Elle est limitée à 50 % de la superficie pour les terrains de 300 m2 et plus, à 75 % pour les terrains entre 100 et 200 mètres carrés et elle est sans limites pour les terrains de moins de 100 m2.

La Ville autorise l’emploi de tuteurs pour soutenir les végétaux du 1er mai au 1er novembre. La hauteur des structures et des plantations ne devra pas excéder un mètre sur une distance de deux mètres mesurée à partir d’un trottoir, d’une bordure de rue ou d’une piste cyclable.

Le sujet a fait l’objet de discussions animées au sein de l’administration Labeaume. Bien que favorable, le maire s’est toujours dit sensible aux arguments de ses collègues, qui craignaient qu’un manque d’entretien de certains potagers engendre des plaintes de voisins mécontents.

«On ne voulait pas trop réglementer pour que ça soit facile et on voulait bien encadrer pour trouver un consensus. On a réussi», se félicite la conseillère.

À ce sujet, la Ville se réserve le droit d’appliquer le règlement sur les nuisances si un potager est en mauvais état ou est laissé à l’abandon.

Prochaine étape, les toits

François St-Pierre, propriétaire du Toit à la table, entreprise spécialisée dans la culture sur les toits félicite l’ouverture de la Ville. «C’est un pas dans la bonne direction. Ce n’est pas normal aujourd’hui de recevoir des contraventions pour avoir fait pousser des légumes», se désole-t-il.

Lui-même a reçu en 2 017 1380 $ d’amendes pour avoir fait pousser des légumes en façade et sur le toit de sa résidence de Sillery. Des contraventions toujours impayées pendant qu’il mène son combat pour convaincre la Ville d’autoriser aussi la culture sur les toits. En décembre, il se présentait au conseil municipal avec une pétition de 15 000 noms, demandant que la Ville rendre légalise ce genre de culture.

M. St-Pierre réalise qu’il navigue en zone grise. L’an passé, il a cultivé un immense potager sur le toit du 3800 Marly, immeuble propriété de l’Industrielle Alliance où travaille des employés de Revenu Québec. Les légumes sont ensuite vendus aux employés de la compagnie d’assurances sur Grande Allée. Une partie des profits est remise à Centraide. 

Dans le règlement proposé vendredi, la Ville ne fait pas mention d’exploitations commerciales sur les toits. «Éventuellement, nous aimerions que ça soit permis. C’est ce qui convient au développement de mon entreprise de pouvoir cultiver sur des toits de 30 000 pieds carrés et plus.»

Mme Savard n’exclut pas la possibilité d’autoriser dans un avenir plus ou moins rapproché cet autre type de culture. «On regarde aussi. Mais au niveau des toits, il y a des considérations à regarder comme les normes de construction et les assurances. On sait qu’il y a beaucoup d’intérêt pour l’agriculture urbaine. Je pense qu’on a fait un premier pas important», précise-t-elle.

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