Le Conseil des ministres a exigé mercredi que tout dépassement de coûts dans le projet de tramway soit résorbé par la Ville de Québec.
Le Conseil des ministres a exigé mercredi que tout dépassement de coûts dans le projet de tramway soit résorbé par la Ville de Québec.

La Ville de Québec assumera les dépassements de coûts du tramway

La question a souvent été posée. Qui assumera la facture pour d’éventuels dépassements de coûts du projet de tramway? Le gouvernement Legault a tranché : la Ville de Québec.

Le Conseil des ministres a annoncé mercredi en fin de journée de nouvelles exigences en lien avec le projet de Réseau structurant de transport en commun (RSTC) de la Ville de Québec.

«À la suite d’une décision du Conseil des ministres, tout excédent du coût estimé du projet par rapport aux contributions gouvernementales déjà annoncées devra être résorbé par la Ville de Québec ou faire l’objet d’une contribution additionnelle de la part de celle-ci», écrit-on par voie de communiqué.

Rappelons que le projet est financé à hauteur de 1,8 milliard $ par le gouvernement provincial, 1,2 milliard $ par Ottawa et 300 millions $ par la Ville de Québec.

Provisions suffisantes

Jusqu’à maintenant, le maire Régis Labeaume a toujours refusé de parler de potentiels dépassements de coûts. Selon lui, les provisions de 712 millions $ pour risques, contingences et inflation sont suffisantes pour pallier tout dépassement. Les ministres précisent également «qu’aucune acquisition par expropriation ne sera possible avant la fin des audiences publiques en environnement [prévues à l’été].

«De plus, la Ville de Québec devra désormais présenter, pour approbation du Conseil des ministres, une révision de la portée, des coûts et de l’échéancier du projet avant de pouvoir procéder à l’appel de proposition. Cette révision devra aussi inclure des estimations de l’achalandage du projet qui tiendront compte de l’implantation d’un tunnel entre Québec et Lévis».

Un quart de contenu canadien

Dans cette même décision, le gouvernement exige que «l’assemblage final de véhicules devra par ailleurs être effectué au Canada, et ces mêmes véhicules devront être composés d’un minimum de 25 % de contenu canadien. Seuls les fournisseurs canadiens et européens pourront se qualifier pour la portion du contrat visant l’acquisition du matériel roulant.»

Une exigence conforme à l’Accord économique et commercial global (AECG) conclu entre le Canada et l’Union européenne, conclut le communiqué.

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LABEAUME NE CRAINT AUCUN RETARD

Le maire de Québec estime que les 147 questions du gouvernement du Québec adressées à son administration dans le cadre du processus d’évaluation environnementale du projet de tramway ne retardent aucunement le calendrier d’implantation.

«On a toujours la même date pour un BAPE en début d’été», lance Régis Labeaume. Mais avant de passer à l’étape du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, la Ville devra répondre aux interrogations que se posent toujours de nombreux ministères, dont celui de l’Environnement. Des précisions réclamées après le dépôt à l’automne de l’étude d’impact environnementale.

«Ces 150 questions-là, on s’y attendait. Il y a des questions de macro-économie là-dedans. Dans les exercices du BAPE, le BAPE va toujours un peu plus loin. Il y a aussi des questions sociologiques. Quand on nous dit qu’il y a des garderies et qu’il ne faut pas déranger le dodo des enfants, on l’avait pas peut-être pas vu venir», admet-il, ajoutant que les questions ne comportent cependant aucune surprise majeure.

M. Labeaume souligne que la collaboration est excellente avec le ministère de l’Environnement. De plus, il explique le nombre de questions du fait que c’est le premier projet de tramway au Québec.

S’il n’envisage aucun retard, il reste que l’énergie des membres du Bureau de projet du réseau structurant est mise en priorité à fournir des réponses et précisions. «Une bonne partie du bureau de projet travaille là-dessus, environ 70 % du personnel», évalue-t-il.

Les questions sont nombreuses, allant de la préservation de la salamandre à quatre orteils jusqu’à l’avantage/coût du projet pour la société, en passant par l’hypothèse d’un citoyen qui se demande pourquoi le tramway ne passe pas sur la 3e Avenue plutôt que la 1re Avenue.