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Les bâtiments de la rue Chabanel ont été identifiés comme «site d’intérêt» par la Division de la foresterie urbaine et de l’horticulture de Québec qui finance les achats.
Les bâtiments de la rue Chabanel ont été identifiés comme «site d’intérêt» par la Division de la foresterie urbaine et de l’horticulture de Québec qui finance les achats.

La Ville de Québec achète des maisons de Beauport pour les détruire… [PHOTOS]

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
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La rue est tranquille. On y croise plusieurs randonneurs suivant le cours de la rivière Beauport. Il y a beaucoup d’arbres, une quinzaine de propriétés, tout au plus… Ces maisons-là, la Ville de Québec veut les éliminer.

Nous nous trouvons dans la rue Chabanel, aux abords de la carrière Unibéton. Il y a peu, deux unifamiliales ont été démolies.

«La Ville les a jetées à terre il n’y a pas longtemps», témoigne Michel Prévost qui réside sur Chabanel depuis 62 ans. Il a 65 ans. «Je connais la rue par cœur!»

Les équipes gérant les espaces verts de la capitale rêvent d’un parc de la Rivière-Beauport s’étendant tout du long du cours d’eau. Pas entrecoupé par des propriétés privées.

M. Prévost s’attend à ce que d’autres constructions du voisinage tombent sous le pic des démolisseurs. Notamment l’ancien garage du débosseleur André Fortin et le bâtiment d’à côté. Les deux sont plantés tout près d’une entrée du parc de la Rivière-Beauport, dans le grand cercle que forme la petite rue en cul-de-sac à son extrémité nord. 

Ceux-là aussi ont été acquis par la Ville, comme les bungalows abattus.

Les représentants municipaux sont à l’affût depuis des années, note M. Prévost. «La Ville nous a toujours dit que si on veut vendre d’aller les voir.»

Mais pourquoi dépenser les deniers publics afin d’acheter des maisons de la rue Chabanel dans le dessein de les écrabouiller?

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NOUVELLE VAGUE D’ACQUISITIONS

Les bâtiments de la rue Chabanel ont été identifiés comme «site d’intérêt» par la Division de la foresterie urbaine et de l’horticulture de Québec qui finance les achats.

Propriétaire de quelques lots de la rue Chabanel depuis les années 1980 et 1990, la Ville de Québec s’est remise en mode achat au cours des dernières années.

«Pour le moment, la Ville de Québec réalise des acquisitions de propriétés en fonction des budgets disponibles et des opportunités (c’est-à-dire lorsqu’une maison est mise en vente par son propriétaire)», écrit au Soleil le chef d’équipe aux communications David O’Brien. Il n’est donc pas question d’expropriation.

«Voici une liste des propriétés acquises depuis 2018 dans ce secteur […] :

  • Acquisitions complétées: 3934, 3935, 3961 et 3983 rue Chabanel
  • Acquisitions en cours: 3905 et 3987, rue Chabanel.»

«Ces acquisitions représentent des investissements d’environ 1,4 million $.»

Quand les anciens propriétaires quittent leur résidence, elles sont rasées. «La Ville procède à la démolition des constructions afin d’éviter que celles-ci, laissées à l’abandon, ne deviennent une source de nuisances.»

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FAIRE POUSSER UN PARC

Les équipes gérant les espaces verts de la capitale rêvent d’un parc de la Rivière-Beauport s’étendant tout du long du cours d’eau. 

Les bâtiments de la rue Chabanel ont été identifiés comme «site d’intérêt» par la Division de la foresterie urbaine et de l’horticulture de Québec qui finance les achats.

C’est que les équipes gérant les espaces verts de la capitale rêvent d’un parc de la Rivière-Beauport s’étendant tout du long du cours d’eau. Pas entrecoupé par des propriétés privées. On juge donc que les maisons de la rue Chabanel «sont nécessaires pour permettre la bonification du parc et la renaturalisation du secteur», dixit David O’Brien.

Les acquisitions pour démolition font donc partie du Plan de mise en valeur des rivières de Québec. Le projet vise les rivières du Cap Rouge, Saint-Charles (et du Berger), Beauport et Montmorency qui seront améliorées sur une vingtaine d’années.

Seigneurie

Les acquisitions pour démolition font partie du Plan de mise en valeur des rivières de Québec.

«La rue Chabanel et l’entrée du parc de la rivière Beauport font partie du secteur identifié dans le plan directeur de la rivière comme le “Pôle de la seigneurie de Beauport”», précise M. O’Brien. «Tous les détails se retrouvent sur cette page ainsi que les cartes.»

Sur cette section de son site Web, la Ville détaille les aménagements envisagés : «Afin de révéler la riche histoire de cette rivière, l’agrandissement et le réaménagement du parc Chabanel sont proposés, incluant la création d’une porte d’entrée sur la rivière et sur l’arrondissement historique de Beauport, ainsi que la mise en valeur du site du barrage du Moulin Brown et des autres moulins du secteur. Une esplanade, un amphithéâtre sur la rivière, de l’interprétation historique et archéologique ainsi qu’un pavillon d’accueil et d’interprétation font partie des interventions projetées.»

Trop tôt

La rivière Beauport fait partie du Plan de mise en valeur des rivières de Québec.

Il est toutefois trop tôt pour donner plus de précisions et évoquer un échéancier de réalisation. «Il en est de même pour la majorité des projets découlant du Plan de mise en valeur des rivières», note David O’Brien. «Les projets sont priorisés en fonction des fonds disponibles, des opportunités, de la désuétude des infrastructures ou d’un besoin évident.»

Afin de concrétiser le rêve, il faudra cependant que les autres propriétaires de la rue Chabanel décident de vendre à la Ville. Dont Unibéton, filiale de Ciment Québec. L’entreprise y possède plusieurs lots.

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RUE CHABANEL, COMME DANS NOËL CHABANEL

La courte rue Chabanel rend hommage à un certain Noël Chabanel, prêtre jésuite et missionnaire, apprend-on dans le répertoire toponymique de la Ville de Québec.

«Noël Chabanel (1613-1649) est né à Saugues (Haute-Loire), en France. Il arrive à Québec le 15 août 1643 et y demeure un an avant d’être envoyé à la mission de Sainte-Marie-des-Hurons (Midland, Ont.). En décembre 1649, au moment où il se rendait à la mission de l’île Saint-Joseph (Ont.), il est assassiné par un Huron apostat. Canonisé par le pape Pie XI le 29 juin 1930, le père Chabanel figure parmi les Saints Martyrs canadiens.

Afin de concrétiser le projet de la Ville de Québec, il faudra cependant que les autres propriétaires de la rue Chabanel décident de vendre à la Ville.