Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, la coupure de 20 % représente 25 000 heures travaillées en moins, pour une économie d’environ 600 000 $ sur une masse salariale qui avoisine 2,8 millions $.

La Ville coupe chez les brigadiers, des intersections moins sécuritaires

La Ville de Québec coupe plus de 20 % des heures des quelque 200 brigadiers scolaires de son territoire. Le syndicat des brigadiers dénonce cette décision qui pourrait représenter un risque pour la sécurité des enfants. De son côté, l’administration municipale parle davantage d’un ajustement pour mieux «coller» aux horaires des écoles.

Les brigadiers ont appris la mauvaise nouvelle lors d’une rencontre avec l’employeur mercredi, à la veille de la rentrée scolaire. «C’est le service à la population qui est directement touché, lance Yannick Labrecque, représentant du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Pour l’instant, nous travaillons à colliger l’information et nous ferons une sortie publique plus détaillée au cours des prochains jours», poursuit-il. Par exemple, il veut s’assurer que la coupure a été faite d’après une analyse sérieuse de l’achalandage de chaque intersection desservie, ce dont il doute.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, la coupure de 20 % représente 25 000 heures travaillées en moins, pour une économie d’environ 600 000 $ sur une masse salariale qui avoisine 2,8 millions $.

Renelle Thériault est brigadière scolaire à l’intersection de la rue Brown et du boulevard René-Lévesque, à proximité de l’école Anne-Hébert. La retraitée de l’enseignement trouve aberrante cette décision prise de façon unilatérale, sans consultation.

«Dans mon cas, je passe de 15 heures à 10,8 heures par semaine. C’est 28 % de mon temps qui est coupé. Le matin, au lieu de faire 45 minutes, je vais faire 40 minutes. Mes trois autres présences par jour, deux le midi et une le soir, passent de 45 à 30 minutes», explique-t-elle.

Des impacts

Des impacts, il y en aura, prévient Mme Thériault. «Un parent me racontait l’an dernier qu’il voulait habituer sa fille à revenir seule à la maison après son chant choral. Il avait pris sa décision en pensant que je serais présente lorsqu’elle traversera le boulevard. Comme les enfants du chant choral quittent l’école un peu plus tard, je n’y serai pas cette année», précise la dame, qui compte aviser les utilisateurs dès le premier jour de la rentrée. 

En coupant dans les heures, Mme Thériault a aussi l’impression que la Ville s’acharne sur des travailleurs dont plusieurs ont un statut économique précaire. «Je n’ai pas besoin de ça pour payer mon épicerie, mais si je travaille, c’est que j’en ai besoin pour mon budget. Et il y a d’autres brigadiers qui en ont encore plus besoin que moi.»

Cette coupure n’aura rien pour faciliter l’embauche de travailleurs dans un secteur qui vit un important roulement de personnel. M. Labrecque donne en exemple un de ses membres qui passe de 10h à 6h de travail par semaine.

Ajustements nécessaires

La Ville de Québec se défend de mettre en jeu la sécurité des enfants. «Les brigadiers seront toujours présents pour le passage des enfants, soutient Wendy Whittom du service des communications. Nous avons ajusté les horaires des brigadiers pour coller aux horaires des écoles.»

Selon elle, des brigadiers restaient en place même après le son de la cloche au moment où plus aucun élève ne traversait au passage. Les horaires sont ainsi décalés en fonction de la distance de l’intersection par rapport à l’école. En théorie, le brigadier situé le plus loin de l’établissement devrait arriver et partir plus tôt, donne-t-elle en exemple.

Il pourrait arriver en cours de route des situations d’exception. Si de tels cas surviennent, la Ville précise que des ajustements sont toujours possibles. 

Mme Whittom indique aussi que le travail des brigadiers est d’assurer la sécurité des enfants pendant les activités scolaires normales et non pas en fonction des activités parascolaires, comme celui cité plus haut dans le texte.