Le directeur général de la MRC de La Côte-de-Beaupré, Michel Bélanger, n'a plus la confiance du maire de la Ville de Beaupré.

La tête du directeur général de la MRC de La Côte-de-Beaupré réclamée

Le maire de Beaupré, Michel Paré, réclame la tête du directeur général de la MRC de La Côte-de-Beaupré, Michel Bélanger, en qui il n'a plus confiance. Il lui reproche d'avoir induit en erreur le conseil des maires, qui a conduit la MRC à intenter une poursuite de 80 000 $ contre la Ville de Beaupré pour un service de collecte sélective qui n'a jamais été réalisé.
La cour municipale a rendu en février un jugement qui se range derrière les arguments de la Ville de Beaupré. Celle-ci refusait de payer à la MRC une quote-part de 80 000 $ pour un service de collecte sélective prétendument rendu en 2008 et en 2009 auprès de la défunte papetière AbitibiBowater.
Simplement, le litige tournait autour de la collecte d'un contenant de 40 verges cubes. Non seulement la preuve a démontré que la collecte n'a pas été effectuée, mais aussi qu'aucun contenant de 40 verges n'avait été fourni à l'entreprise. En fait, AbitibiBowater ne faisait même pas partie des industries à collecter pour la durée du contrat intervenu entre la MRC et Gaudreau Environnement. La MRC réclamait donc une somme qu'elle n'avait jamais déboursée au contrat.
Dans sa décision, le juge André Lalancette, mentionne clairement que le service n'a jamais été rendu et que la Ville de Beaupré n'avait pas à payer 80 000 $. Au total, Beaupré doit verser 10 000 $ à la MRC parce qu'elle avait retenu une somme en trop sur les 80 000 $ qu'elle refusait d'allonger.
La situation ulcère le maire Paré. D'autant plus que le 10 août 2009, la Ville avait envoyé une lettre à la MRC pour dire que le service n'était pas réalité. Elle avait aussi déposé une offre de règlement à l'amiable de 12 700 $ pour éviter de présenter la cause devant le tribunal et de payer des frais d'avocats. Le juge Lalancette a statué pour 2000 $ de moins.
Résolution
Lundi, le conseil municipal de Beaupré a adopté une résolution dans laquelle elle réclame le congédiement du dg de la MRC, en évoquant l'abus de confiance.
Le maire et ses conseillers estiment que la direction de la MRC devait savoir que le service n'était pas rendu et, par le fait même, que la réclamation de 80 000 $ est «une tentative d'enrichissement sans cause ou d'extorsion de fonds».
Le conseil soutient aussi que l'administration de la MRC a produit de «l'information relevant de l'incompétence, de la mauvaise foi ou d'une stratégie visant à induire le conseil des maires pour les convaincre de poursuivre la Ville de Beaupré».
«C'était facile à savoir : le service est rendu ou il n'est pas rendu, explique M. Paré. Ce qui est choquant, c'est que le maire de la Ville de Beaupré expliquait à ses collègues que le service n'était pas rendu et qu'ils prenaient pour acquis ce qu'écrivait le directeur général. Ils se sont tous fait rouler dans la farine», ajoute-t-il.
À sa connaissance, c'est la première fois qu'une MRC poursuit une de ses constituantes. «En plus de payer nos frais d'avocats, nous avons payé, en partie, les frais de la MRC par le biais de notre quote-part», s'insurge le maire.
M. Paré a surpris certains de ses collègues maires, mercredi soir, lorsqu'il a déposé la résolution au conseil des maires de la MRC demandant le congédiement de M. Bélanger.
«C'est du vol, c'est du vol!» a d'ailleurs lancé M. Paré, frustré, en marge de la réunion, en faisant référence à la somme de 80 000 $ que la MRC lui réclamait.
Cette résolution sera débattue lors d'une prochaine assemblée du conseil de la MRC. Tous les maires rencontrés mercredi ont refusé de la commenter, incluant le préfet et maire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin.
M. Bélanger a aussi choisi de garder le silence.