La «prise de contrôle» du remorquage déjouée à Québec

La Ville de Québec a déjoué l'an dernier «une tentative de prise de contrôle du remorquage» et transmis le dossier louche à l'Unité permanente anti-corruption (UPAC).
«Il y a eu une tentative de prise de contrôle du remorquage à Québec en 2016. Mais nos amis des approvisionnements, qui sont assez allumés, ont découvert le pot aux roses et ont transféré le dossier à l'UPAC il y a quelques mois», a dit le maire de Québec Régis Labeaume, mardi.
Le maire de Québec fait cette déclaration alors qu'un rapport du Bureau de l'inspecteur général de Montréal révélait lundi que le crime organisé, comme les Hells Angels ou la mafia italienne, contrôle le remorquage des véhicules dans la métropole.
«Visiblement, on a réussi à éviter ça», a dit M. Labeaume, mardi.
Ce dernier est resté très prudent sur l'identité des personnes en cause. «Je ne sais pas qui sont ces individus. En fait, dans ces situations-là, je ne veux pas le savoir», a précisé le maire.
Stratagème et blanchiment
Mais Régis Labeaume a toutefois révélé aux journalistes que les individus avaient visiblement fondé trois entités qui ont soumissionné en appel d'offres pour devenir fournisseur de la Ville pour remorquer les véhicules. L'administration municipale conserve neuf entreprises à l'issue des appels d'offres. Or, le groupe en question tentait de dénicher les trois premières positions de la liste. «Probablement pour blanchir de l'argent en achetant le plus de remorqueurs possible. Et aussi casser la compétition», a avancé M. Labeaume.
Dominer les trois premières positions de la liste d'appel place en effet cette entité en position privilégiée pour dominer le marché. «Ce qui veut dire qu'à terme, ils auraient eu le contrôle du remorquage», a ajouté M. Labeaume. 
Ce dernier a félicité les fonctionnaires qui ont découvert que quelque chose clochait dans les soumissions. «Bravo aux gens des approvisionnements ici. Le dossier est à l'UPAC et l'UPAC va faire son travail.»
Intimidation à Montréal
Selon les enquêteurs du Bureau de l'inspecteur général, le problème à Montréal est alarmant. L'implication du crime organisé a notamment pour effet de faire augmenter les prix qui peuvent ainsi être de quatre à huit fois plus élevés.
Le rapport fait aussi état d'intimidation. «L'enquête révèle que des entrepreneurs membres d'organisations criminelles ou proches de membres influents du crime organisé n'hésitent pas à montrer leurs couleurs dans le milieu. Ils se présentent en arborant les écussons et logos que ne peuvent afficher que les membres en règle d'une organisation criminelle», peut-on lire dans le Rapport sur l'industrie du remorquage à Montréal.
«Un tel geste, poursuit le rapport, a pour but évident de rappeler aux entrepreneurs du milieu l'intimidation et la violence associées à l'organisation criminelle à laquelle ils appartiennent. Par ces actes, ces individus exercent une pression, indirecte, mais non moins claire, sur leurs compétiteurs pour marquer leur territoire.»