Le Grand chef de la communauté huronne-wendat Konrad Sioui accompagné du chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet.
Le Grand chef de la communauté huronne-wendat Konrad Sioui accompagné du chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet.

La pandémie freine des projets d’infrastructures municipales

Qu’ont en commun la Nation huronne-wendat, la Ville de Beaupré et le gouvernement fédéral? Le premier doit donner son accord pour que le second répare ses rues avec l’argent du troisième. Vous suivez? Éclaircissements.

Actuellement, au moins six municipalités de Charlevoix et de la Côte-de-Beaupré doivent mettre un frein à la réalisation de travaux d’infrastructures, totalisant 17 millions $. Il s’agit de Clermont, Saint-Férréol-les-Neiges, Beaupré, Boischatel, Château-Richer et L’Ange-Gardien. La valeur des projets oscille entre 800 000 $ et 6,5 millions $.

C’est qu’une entente intervenue entre Ottawa et les communautés autochtones intègre une obligation de consulter les premières nations pour la réalisation de travaux financés par le Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU).

La Nation huronne-wendat pourrait, par exemple, vouloir faire des fouilles archéologiques à Beaupré avant la réalisation des travaux puisque la municipalité est située sur le territoire traditionnel huron, appelé Nionwenstïo. Il s’étend d’ouest en est de Trois-Rivières à Rivière-du-Loup et du Saguenay à Lac-Mégantic du nord au sud. Au Québec, ce sont 106 projets dont l’échéancier est compromis. 

«Ça pourrait être un exercice très rapide et purement administratif, sauf que 106 dossiers qui arrivent sur une table avec un grelot urgence accroché après, ça met une pression immense sur l’expertise et les ressources humaines de la nation», explique le chef du Bloc Québécois, Yves François Blanchet. Il était de passage à Wendake jeudi pour demander à Ottawa d’aider la nation huronne-wendat à analyser rapidement les dossiers.

«Nous sommes heureux que le fédéral nous implique à ce niveau-là. Mais la logistique s’installe, reconnait le Grand chef Konrad Sioui. Il faut trouver une façon de ne pas échapper les projets. C’est important pour les municipalités. On entretient des relations précieuses avec elles. On ne veut pas se chicaner. Il faut trouver une formule (efficace)», ajoute-t-il, joignant sa voix à celle de M. Blanchet pour qu’Ottawa dégage des ressources supplémentaires.

«On ne fait pas de travaux d’infrastructures l’hiver. On fait ça l’été. Pour les appels d’offres, il y a des dates à respecter», lance le maire suppléant de Beaupré, Serge Simard, présent au point de presse.

Il comprend que la pandémie ralentit le processus, mais il ne souhaite pas remettre la réfection prévue à l’an prochain, d’autant plus que le site des travaux n’a aucun intérêt archéologique. «On a reçu l’approbation du fédéral et du provincial. Il ne manque que celle de Wendake. Nous, on refait dix rues. Les chances sont inexistantes de retrouver des artéfacts dans des rues faites il y a cinquante ans», fait-il valoir.

Le chef du BQ espère une intervention rapide d’Ottawa pour faire débloquer les projets.