La Nouvelle-France de fil en aiguille [VIDÉO]

Passionné d’histoire, un groupe d’amis confectionne à la main des vêtements d’antan. Leur but : démocratiser les habitudes vestimentaires des colons du XVIIIe siècle en Nouvelle-France.

Les Ateliers du Carnaval grouillent de monde. Des costumes et des habits traditionnels inondent l’édifice. Les Fêtes de la Nouvelle-France arrivent à grands pas. Portant un tricorne à la tête, des bas blancs jusqu’aux genoux, des souliers de cuir et un manteau justaucorps, Samuel Venière vient discuter de sa passion : le vêtement historique à travers l’organisme les Fabricants d’Histoire.

«On est cinq membres fondateurs, mais nos amis se joignent régulièrement à nous. On forme une belle compagnie de gentilshommes et de gentes dames qui se promènent dans des habits bien représentatifs du XVIIIe siècle», explique cet historien.

Des costumes factuels

Après avoir étudié en histoire et travaillé dans plusieurs musées à Québec, Samuel s’est vite rendu compte qu’il manquait d’authenticité dans les costumes qu’il arborait. «J’ai rencontré des gens qui font de la reconstitution historique, c’est-à-dire de recréer les habitudes de vie et ça implique d’avoir des habits qui sont authentiques. Pour économiser, je me suis dit que j’allais en faire moi-même, et j’ai appris à coudre. En commençant à coudre, c’est surprenant à quel point on peut avoir la piqûre», souligne Samuel, avec humour. Très fier, il pointe sa chemise en lin qu’il a cousue à la main. Depuis un an, avec ses camarades, ils ont confectionné près d’une vingtaine d’habits. Sur les réseaux sociaux, ils partagent leur création, et plus de 800 personnes suivent quotidiennement leur travail.

Des ateliers

Avec les Fabricants d’Histoire, Samuel présentera deux ateliers aux Fêtes de la Nouvelle-France qui porte sur l’art de tailler les vêtements et sur l’habillage féminin. «On va reconstituer le métier de tailleur. C’est un des métiers les plus vieux du monde. Protéger le corps est une des préoccupations constantes des colons, surtout en Nouvelle-France où il fait très froid. On va tailler en direct des vêtements d’époque», indique-t-il. 

Le deuxième atelier vise à exposer au grand public la complexité des habits des femmes de l’époque. «Nos dames vont se faire habiller par leur dame de compagnie avec toutes les étapes. En commençant avec les bas, les souliers, la chemise, le corps baleiné, la robe et tout ça. On va un peu assister à une scène de la toilette matinale exactement comme il y a 250 ans. On va présenter ces costumes en les affichant, en les portant et en les expliquant», souligne l’historien, en pointant les différents habits colorés sur un mannequin. 

Pour les Fabricants d’Histoire, l’authenticité est au cœur de leur mission. «Quand on participe à cet événement, on s’attend à être immergé dans un univers historique. On a fait de grandes recherches pour être vraiment représentatif des Canadiens à la fin de la Nouvelle-France. Ça devient un peu comme un livre d’histoire ouvert, de l’histoire vivante. Les gens reçoivent une foule d’information qui est visuelle et qui leur donne une bonne idée de la réalité de l’époque», continue Samuel.

L’apparence, très importante

Un vêtement n’est pas qu’un simple morceau de tissu. Il représente la classe sociale de l’individu et son appartenance sociopolitique. «Il faut se rappeler qu’en Nouvelle-France, on parle d’une population qui est majoritairement analphabète, l’éducation n’est pas autant répandue qu’aujourd’hui. L’apparence a une importance cruciale et envoie un message aux gens de quelle classe sociale vous êtes. Tout de suite, elle donne le ton dans les relations sociales», explique l’Historien des Fêtes.

Bien qu’il participe aux Fêtes depuis plusieurs années, Samuel a cette année le titre d’Historien des Fêtes. Très fébrile de se lancer dans ce périple, il est fier de pouvoir contribuer grandement à l’organisation du festival. «J’ai la chance et le privilège d’être l’Historien des Fêtes. J’ai toujours été passionné d’histoire, particulièrement l’histoire de la Nouvelle-France, et ça me fait vraiment plaisir de pouvoir être là et répondre aux questions des gens», confie-t-il. Du 1er au 4 août, l’équipe des Fabricants d’Histoire sera sur place et défilera avec leurs plus beaux habits traditionnels.